Cancer et vie intime : notre Facebook live avec Catherine Adler Tal

Cancer et vie intime : notre Facebook live avec Catherine Adler Tal

En raison de la maladie, femmes et hommes constatent des répercussions sur leur sexualité. Une double peine contre laquelle il existe toutefois des solutions. En effet, le cancer ne doit pas empêcher de conserver une vie intime.

Nous avons eu le plaisir d’en débattre pour notre premier facebook live dédié à ce sujet le 15 juin dernier. Catherine Adler Tal a répondu aux questions des internautes. Onco psycho sexologue, elle constate que beaucoup de couples s’interdisent d’avoir des relations.

Voir notre facebook live avec Catherine Adler Tal :

Cancer et vie intime : les problématiques récurrentes

Les hommes ont peur de passer pour des obsédés. Les femmes craignent le regard de leur compagnon sur un corps transformé. Tous pensent souvent à la place de l’autre, et c’est délétère. La meilleure façon de ne pas tomber dans ce piège, c’est d’en parler ouvertement.

En effet, clairement, femmes et hommes n’ont pas les mêmes besoins.

La femme veut se sentir désirable et désirée. L’homme, lui, souhaite être performant et la satisfaire,

précise-t-elle. Suite à un cancer de la prostate, il peut se sentir très atteint dans sa virilité. Il existe toutefois un éventail thérapeutique pour faire face. Quant aux femmes, elles ont honte de leur corps parfois mutilé par une ablation et des cicatrices. Et la perte des cheveux est vécue comme une entrave à leur féminité. Sans parler des douleurs liées à la sécheresse vaginale.

Elles se demandent comment l’autre va les aimer, là où elles mêmes ne parviennent plus à s’aimer. De plus, elles n’ont pas toujours la disponibilité psychologique qui leur permet de lâcher prise,

ajoute Catherine Adler Tal. Elle reconnaît toutefois que dans certains cas, la volonté de faire un pied de nez à la maladie peut raviver le désir. Inversement, il faut se méfier d’une idéalisation de sa vie d’avant.

La maladie est mise en avant comme étant un élément déclencheur, alors que les difficultés lui préexistaient. D’où l’importance de se poser les bonnes questions.

Son objectif : apporter aux patients une boîte à outils pour leur permettre d’avoir une sexualité aussi épanouie que possible et renouer avec une image positive d’eux mêmes.

Quelles solutions pour mieux vivre sa sexualité ?

Il n’y a rien de magique, mais néanmoins on peut améliorer considérablement le bien être des couples

note-t-elle. Par exemple, s’il ne faut en aucun cas se forcer, il est essentiel de conserver un contact tactile, source de réassurance.

Catherine Adler Tal consulte beaucoup dans le cadre de l’association Etincelles, mais aussi dans le privé. Elle constate que les médecins évoquent très peu ces sujets et qu’il en est rarement question dans le cadre du parcours de soins en oncologie. De ce fait, les patients n’osent pas toujours aborder cette problématique. Pourtant, elle est essentiel au bien être de tous.

Le sujet de la sexualité est complètement tabou, alors même que tous les êtres que nous croisons sont issus d’un rapport sexuel. Faire l’amour, c’est être vivant,

relève-t-elle. Et force est d’observer que les couples qui parviennent à renouer avec la libido vont souvent mieux moralement. Quitte à avoir recours à la littérature érotique ou d’autres outils.

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