Endométriose et adénomyose : ce gynécologue démêle le vrai du faux !

Endométriose et adénomyose : ce gynécologue démêle le vrai du faux !

Très mal connues, ces maladies suscitent beaucoup d’idées reçues. Pour nous aider à y voir plus clair, le Dr Vignal analyse les causes et les solutions de ces maladies.

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Dr Vignal

1. L’endométriose et l’adénomyose, c’est pareil

FAUX. Même si les deux maladies ont une même origine, l’adénomyose est une maladie de la paroi musculaire de l’utérus alors que l’endométriose se développe à distance de l’utérus, sur l’ovaire et le péritoine par exemple et parfois plus loin. Mais dans les deux cas c’est la présence anormale de tissu endométrial mal localisé qui est en cause. L’endomètre ectopique, qui n’est pas à juste place, va réagir aux hormones du cycle de la même façon que l’endomètre de l’utérus. Des kystes se forment alors dans la paroi de l’utérus pour l’adénomyose, sur les ovaires dans l’endométriose. Du fait de cet envahissement, l’utérus ne peut plus fonctionner normalement. Les règles deviennent hémorragiques avec des saignements intermittents et les douleurs s’installent.

2. Les symptômes sont les mêmes

VRAI et FAUX. Les symptômes douloureux sont relativement proches liés à la transformation hormonale du tissu endométrial ectopique au cours du cycle menstruel. Celle –ci s’accompagne toujours d’une inflammation importante qui s’exprime dans le syndrome prémenstruel : ventre douloureux, sein tendus, tendance dépressive. Endométriose et adénomyose ne font que l’exacerber. D’où l’efficacité des médicaments anti inflammatoires.
Les règles abondantes sont plutôt le fait de l’adénomyose.
L’endométriose peut se développer très à distance comme dans le cas de cette patiente qui souffrait d’adénomyose bronchique se manifestant par des hémoptysies cataméniales, autrement dit, elle crachait du sang tous les mois. Ainsi, le problème de base n’était pas pulmonaire, mais gynécologique. Le traitement de l’endométriose a fait disparaitre ces symptômes.

3. Ces maladies concernent une minorité de femmes

FAUX. On estime que 10 à 20 % des femmes sont concernées par l’endométriose, mais ces maladies sont encore sous diagnostiquée

4. Ces maladies concernent uniquement les femmes âgées

VRAI et FAUX. L’endométriose touche souvent des jeunes femmes alors que l’adénomyose touche des femmes plus âgées. A la ménopause, l’une et l’autre disparaissent.

5. Ces maladies sont liées aux règles

VRAI. Avec les changements hormonaux causés par le cycle menstruel, ces cellules voyageuses s’accumulent et forment des lésions, des nodules, des kystes et des réactions inflammatoires. Le sang des règles reflue vers le haut par les trompes au lieu de s’écouler par le bas, ce qui permet aux cellules de l’endomètre de se propager à d’autres organes. Autrement dit, les cycles et les règles sont responsables de ces maladies. Avoir des règles incessantes est aussi incohérent et dangereux que d’avoir un rythme cardiaque à 140 au repos.

6. Cela veut-il dire que les règles sont nocives ?

VRAI. Il faut cesser de banaliser les règles et de considérer que c’est entièrement naturel. Cela l’était quand les femmes avaient leurs règles plus tardivement d’une part, et allaitaient pendant de longues périodes d’autre part (sachant que l’allaitement stoppe les règles). Ces deux facteurs ayant quasiment disparu, les femmes sont exposées à une pression hormonale beaucoup plus forte que par le passé, laquelle peut d’ailleurs entraîner aussi des cancers du sein. Avoir ses règles n’est pas anodin, cela expose à des risques. Leur seule vocation est de faire des enfants. Les règles ne sont pas de simples aléas dans la vie d’une femme mais elles sont la fin d’un cycle hormonal qui a profondément bouleversé leurs tissus. Parce que l’accueil d’un embryon est un phénomène complexe, chaque cycle laisse des traces indélébiles.

7. Les règles doivent alors être limitées

VRAI. Idéalement, il faut même les supprimer y compris en absence de besoin contraceptif. On se doit d’être économe des règles et de n’utiliser les cycles qu’à bon escient, à savoir seulement si la femme a un désir d’enfant. Concrètement, comment faire ? Tout simplement, il faut prendre une pilule anti ovulatoire pour bloquer les cycles, et choisir celles qui sont les plus faiblement dosées en oestrogènes. Heureusement, elles le sont de moins en moins. Certaines n’en contiennent même plus du tout.

8. Il s’agit d’une sorte de ménopause

FAUX. Pas du tout ! On met les ovaires en sommeil, mais ils se réveillent aussitôt après l’arrêt de la pilule. Les médicaments qui provoquent une ménopause artificielle sont d’une tout autre nature et ne sont utilisés qu’avant une intervention chirurgicale en vue de la faciliter.

9. Le stérilet, ça marche aussi pour limiter l’endométriose

VRAI ET FAUX. Les stérilets hormonaux limitent l’endométriose, au sens où ils peuvent bloquer les règles, mais attention, ils ne bloquent pas les cycles. Or avec une pilule qui, elle, présente l’avantage de bloquer les cycles, on diminue en plus l’exposition aux œstrogènes responsables des cancers hormonodépendants et en particulier du cancer du sein.

10. Les femmes victimes d’endométriose sont moins fécondes

VRAI et FAUX. Au contraire, elles sont souvent très fertiles, en tout cas au début de la maladie. Malheureusement le diagnostic est souvent trop tardif. La maladie est alors très étendue justifiant des opérations, source d’adhérences et de stérilité ….
Les idées reçues sur cette question prouvent qu’il y a encore beaucoup de pédagogie à faire pour une prévention efficace d’une maladie qui handicape la vie de beaucoup de femmes.

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