La transfusion en 5 questions

La transfusion en 5 questions

Aucun traitement ni produit de synthèse ne peut encore remplacer le sang. Une transfusion sanguine reste indispensable ou vitale dans deux grands cas de figure : les situations d’urgence et les besoins chroniques liés à certaines maladies ou aux conséquences d’un traitement.

114 malades sont soignés par heure grâce aux dons de sang

Quand une transfusion est-elle nécessaire ?

Des maladies, comme les leucémies par exemple, affectent la moelle osseuse qui est en charge de la production des cellules sanguines. Par ailleurs, le traitement intensif de certaines affections peut entraîner une insuffisance de production de cellules sanguines. C’est le cas, parfois, des traitements contre le cancer (chimiothérapie, radiothérapie) qui en détruisant les cellules cancéreuses peuvent aussi atteindre les cellules de la moelle osseuse. Durant cette période dite d’aplasie, un support transfusionnel permet de renouveler les cellules sanguines, et à l’organisme affaibli par le traitement de se régénérer. Le patient a besoin selon les cas d’un ou plusieurs composants du sang : globules rouges, plaquettes, plasma.
Le don de sang dit « total » est le don le plus courant. Après le prélèvement, les trois principaux composants sanguins – plaquettes, plasma et globules rouges – sont séparés. Il existe d’autres dons « par aphérèse », dans lesquels seul l’un des composants sanguins est prélevé, les autres étant restitués au donneur.

Comment les donneurs sont-ils sélectionnés ?

Pour donner son sang, il faut être majeur et avoir entre 18 et 70 ans. Le don est proscrit tout d’abord, quand il peut faire courir un risque au donneur, comme par exemple en cas de grossesse, anémie, diabète ou état de santé fragilisé. Il est par ailleurs très strictement réglementé pour protéger le receveur. Il est proscrit en cas de maladie transmissible par le sang et de tout type d’infection ou risque d’infection. Un délai déterminé est ainsi à respecter avant de pouvoir donner son sang après le traitement d’une carie, un détartrage, un percing ou un tatouage, une intervention chirurgicale… Des précautions sont également prises pour éviter au receveur le risque de contracter une maladie sexuellement transmissible. C’est pourquoi, il est demandé d’attendre quatre mois avant de faire un don de sang quand on vient de changer de partenaire sexuel. Il y a encore quelques mois les hommes entretenant des relations sexuelles avec d’autres hommes ne pouvaient pas donner leur sang. Cette loi vient d’être abrogée. Un nouveau texte lève cette contre-indication à condition que le donneur n’ait eu aucune relation sexuelle au cours des douze mois précédents.

Comment les dons de sang sont-ils contrôlés?

Première étape : le donneur répond à un questionnaire précis et passe un entretien confidentiel avec un médecin ou un infirmier au sujet de son état de santé et de sa vie sexuelle. L’entretien médical préalable constitue l’un des moments clé du processus pour s’assurer que le don ne présente aucun risque ni pour le donneur ni pour le receveur.Ensuite, pour chaque poche de sang recueillie, un protocole très strict est appliqué.
Les échantillons sanguins recueillis dans les tubes sont soumis à une série d’analyses et de tests de dépistage, comme : le groupe sanguin (ABO et Rhésus) ; la recherche d’anticorps irréguliers dirigés contre les globules rouges ; le dépistage de maladies transmissibles par le sang (syphilis, hépatites virales B et C, VIH, HTLV).

Quels sont les risques liés à une transfusion ?

Malgré les progrès enregistrés dans les techniques de dépistage et les tests qui sont réalisés sur le sang donné, un très faible risque résiduel subsiste. Il est lié au prélèvement d’un don de sang entre le moment où une personne est infectée et le moment où la maladie est décelable : on appelle ce délai la fenêtre sérologique. Pour le VIH par exemple, il est de 1 sur 3,5 millions de dons. C’est pourquoi lors de l’entretien médical préalable, la sincérité du donneur est un complément précieux des tests effectués. Quant aux risques liés à l’incompatibilité de groupes sanguins entre donneur et receveur, les différents contrôles, réalisés aujourd’hui dans les établissements hospitalier, les rendent extrêmement rares.

Le parcours d’un don du sang :

1. Le prélèvement : entre 400 et 500 ml de sang sont prélevés par un infirmier sur un candidat reconnu apte au don

2. La préparation : la poche de sang prélevée est filtrée (on enlève les globules blancs), puis centrifugée afin d’en séparer les composants (globules rouges, plasma et plaquettes).

3. La qualification biologique : les tubes-échantillons recueillis subissent une série de tests biologiques. Si les résultats présentent une anomalie, la poche de sang correspondante est écartée et le donneur averti.

4. La distribution : d’ultimes contrôles sont effectués afin d’éviter toute incompatibilité entre le sang du donneur et celui du patient.

 

 

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