Maladies rénales : quelles spécificités chez les femmes ?

Maladies rénales : quelles spécificités chez les femmes ?

Si elles sont plutôt moins touchées par l’insuffisance rénale chronique que les hommes, les femmes subissent en revanche d’importantes conséquences sur la fertilité et la grossesse.

Organisée par France Rein et la Fondation du Rein, la Semaine Nationale du Rein se déroule du 3 au 10 mars. Cette année, la thématique est le « rein et la santé de la femme ». Si les hommes sont plus touchés par l’insuffisance rénale chronique (60%) que les femmes, les maladies rénales ont chez les femmes des spécificités de causes et de traitements et des conséquences particulières sur la fertilité et la grossesse.

Attention aux infections urinaires à risque

Les femmes sont plus sujettes que les hommes aux infections urinaires car leur urètre est plus court. De ce fait, les bactéries ont ainsi moins de distance à parcourir pour atteindre la vessie. Par ailleurs, l’urètre des femmes est situé près de l’anus. Lorsqu’elles s’essuient dans le mauvais sens (de l’arrière vers l’avant), elles risquent de transporter des bactéries provenant de l’anus vers l’urètre.

Or, certaines infections urinaires peuvent (dans de très rares cas) conduire à l’insuffisance rénale chronique. C’est à prendre en considération quand on sait que les médecins affirment qu’une femme sur deux sera un jour confrontée à une cystite au cours de sa vie.

Des affections rénales plus fréquentes chez les femmes

Par ailleurs, il convient de savoir que certaines affections rénales sont associées ou exacerbées par la grossesse, comme la pré-éclampsie. Cette dernière touche 3 à 5% des femmes enceintes et se manifeste au cours du troisième trimestre de grossesse. Elle se caractérise par de l’hypertension et la présence de protéines dans l’urine. Le risque d’éclampsie est à prendre très au sérieux. Il s’agit d’une crise de convulsion et d’épilepsie, assorti du développement d’une hépatite.

De nombreuses maladies rénales voient leur évolution amplifiée avec la grossesse, comme l’insuffisance rénale chronique, les maladies kystiques ou encore les maladies auto-immunes. Ainsi, lorsque le système immunitaire s’attaque aux cellules de l’organisme et les détruit, certaines maladies, comme le lupus, peuvent toucher les articulations, la peau, le cœur, mais aussi les reins.

Une fertilité perturbée

Enfin, on le sait peu, mais lorsqu’une femme est en insuffisance rénale, sa fertilité est perturbée. Autrement dit, les possibilités de grossesse sont limitées. La dialyse intensive a certes sensiblement amélioré le pronostic des grossesses, mais seule la transplantation permet d’améliorer la fertilité.

Le choix de la prévention

A savoir, les maladies du rein évoluent sans symptômes pendant plusieurs années. D’où l’importance d’un dépistage précoce. La Semaine du rein offre la possibilité de se tester, anonymement et gratuitement, sur une bandelette urinaire. En cas d’anomalies, le médecin traitant prendra le relais et pourra prescrire un dosage sanguin de la créatinine afin de vérifier la fonction rénale.

Pour plus d’informations, retrouvez le programme de la Semaine Nationale du Rein, du 3 au 10 mars 2018.

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