Vivre avec une MICI : les conseils du Professeur Philippe Marteau

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Vivre avec une MICI : les conseils du Professeur Philippe Marteau

Le Professeur Philippe Marteau, hépato-gastro-entérologue à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, fait le point sur la prise en charge des MICI. En exclusivité pour Voix des Patients, il esquisse les perspectives en matière de traitements et les recommandations pour améliorer son quotidien avec la maladie.

Comment évoluent les traitements en ce qui concerne les MICI ?

Nous utilisons beaucoup de modulateurs de l’immunité. La recherche avance et des essais cliniques sont en cours. C’est d’autant plus essentiel que, malheureusement, ces maladies sont en augmentation régulière.

Que faut-il penser de la transplantation fécale dont on a beaucoup parlé ?

Les microbes intestinaux sont une source d’inflammation chez les malades, une source de modulation de l’inflammation. Normalement, un être humain en bonne santé vit bien avec sa flore intestinale, sauf les personnes atteintes de MICI. Parmi les recettes possibles pour modifier la flore, il y a la transplantation fécale. Dans le cas de la rectocolite hémorragique, cette technique offre des espoirs intéressants. Pour ce qui est de la maladie de Crohn, nous attendons les résultats des premières études avec impatience.

Existe-t-il des prédispositions génétiques pour ces maladies?

Oui car on constate souvent plusieurs cas au sein d’une même famille, mais il n’y a rien de systématique. Il existe également des facteurs environnementaux. On sait par exemple que le tabac aggrave la maladie de Crohn. Les agents émulsifiants, utilisés dans les plats préparés, sont aussi pointés du doigt pour leurs effets potentiellement aggravants.

Quelles recommandations formulez-vous aux patients ?

Au delà du fait d’arrêter la cigarette, j’insiste sur la nécessité d’être observant dans son traitement car quand on l’arrête, le risque de rechute est très élevé. Par ailleurs, je recommande la relaxation, le yoga, un peu de sport et de manière générale une bonne hygiène de vie.

Et sur le plan alimentaire, y-a-t-il des consignes particulières ?

L’hygiène alimentaire est vraiment très importante. Dans la mesure où l’intestin est inflammé, il ne tolère pas n’importe quoi. De manière générale, il est souhaitable de consommer un peu de fibres, pas trop de viande rouge, du sucre en quantités très limités. En résumé, il est recommandé d’avoir une alimentation saine, équilibrée et variée.

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