Cancer colorectal : Se dépister ou en parler, nous avons tous un rôle à jouer

Cancer colorectal : Se dépister ou en parler, nous avons tous un rôle à jouer

Deux hommes se promènent dans la nature. On devine entre eux une vraie relation d’amitié. Leur complicité les amène d’ailleurs à évoquer un sujet ô combien tabou : celui du dépistage colorectal.

L’un d’eux explique s’être prêté à l’exercice. L’autre exprime une forme de réticence, voire de dégoût. Roche a souhaité ouvrir le débat avec un film qui sorte un peu des sentiers battus, et volontairement décalé. Diffusé très largement à l’occasion de Mars Bleu, il permet de montrer à quel point il est encore délicat d’évoquer un sujet tel que la manipulation des selles, laquelle est pourtant nécessaire pour le test de dépistage.

En savoir plus : marsbleu.roche.fr

Trop peu de Français ont recours au dépistage

Voix des Patients a rencontré Stéphane Korsia-Meffre, bénévole pour l’association de patients “France Côlon”, afin de décrypter ce film.

Lorsque Roche nous a parlé de ce projet de film, et nous a sollicité pour relire le script et donner notre avis, nous avons immédiatement adhéré »,

explique-t-il. En effet, tout ce qui peut être fait pour détabouïser le sujet mérite selon lui d’être entrepris. Il rappelle que 32 % des Français seulement pratiquent ce test, contre 55 % pour la mammographie. La faute à un défaut d’information? Probablement pas, puisque France Côlon a mené de vastes campagnes de communication sur certains territoires, mais avec un succès très relatif. Force est, selon lui, d’observer qu’il y a encore de nombreux freins.

Dédramatiser et communiquer

« Les gens n’en parlent pas, sans doute car l’intestin est considéré comme un organe sale », observe Stéphane Korsia-Meffre, tout en faisant remarquer que le sujet intéresse, à en croire le succès de certains livres, à commencer par Le charme discret de l’intestin. Il faut donc selon lui poursuivre la dédramatisation. Cela peut selon lui passer par l’humour, conformément à ce qui pratique au Canada et en Israël, où un présentateur télé connu a subi une coloscopie diffusée en direct.

Des portiques en forme de derrière sont par ailleurs installés dans les aéroports. Il faut passer entre les jambes. Le message est clair : sensibiliser les
passagers »,

précise-t-il, tout en rappelant que dès lors qu’il est question de santé publique, les autorités de santé françaises sont très « coincées ».

Diffuser le test plus largement

Outre la parole, il considère qu’il y a un autre frein, celui de la mise à disposition trop restrictive de ce test.

En France, il est remis exclusivement par le médecin traitant. Certes, il convient de répondre à un mini questionnaire pour se le procurer, mais les pharmaciens pourraient le faire »,

estime Stéphane Korsia-Meffre.

Comme l’explique ce court métrage, ce nouveau test est très facile d’usage. Alors qu’auparavant, 6 prélévements étaient nécessaires, dorénavant, un seul suffit ! Le principe est simple : il suffit d’effleurer plusieurs fois la selle avec une petite tige, puis de la remettre dans le tube avant de l’envoyer par la Poste pour l’analyse. « Bien sûr, mieux vaut éviter de déposer le pli dans une boîte un samedi soir en pleine période de vacances », conclut Stéphane Korsia-Meffre.