Cancer du sein : seule la moitié des Français correctement informée

Cancer du sein : seule la moitié des Français correctement informée

Tous les mois devraient être « rose » et pas seulement celui d’octobre, à en croire une récente étude IFOP. En effet, les Français dans leur ensemble s’estiment mal informés…

La lutte contre le cancer du sein ne s’arrête pas aux frontières du mois d’octobre. Tous les jours, des milliers de femmes doivent faire face à cette maladie. Si l’on regarde autour de soi, que ce soit au restaurant, dans le métro… et que l’on observe 8 femmes, il faut savoir que statistiquement, l’une d’entre elle sera concernée par le cancer du sein au cours de sa vie.

Plus précisément, 54.000 femmes sont nouvellement touchées par le cancer du sein chaque année en France. Cette forme de cancer est la plus fréquente. C’est aussi la première cause de décès par cancer chez les femmes. D’où l’intérêt de poursuivre la sensibilisation. Etonnamment, alors qu’il n’a jamais été aussi facile d’avoir accès à l’information, la moitié des Français s’estiment dans le flou et de nombreuses idées fausses continuent de circuler sur le dépistage. S’ajoute à cela la peur paralysante de découvrir une tumeur, alors que mieux vaut la détecter à temps.

Europa Donna veille à donner accès à l’ensemble des informations nécessaires pour prévenir, accompagner et guérir la maladie.

À travers chacune de nos actions, nous œuvrons pour une meilleure diffusion de tous les traitements possibles, de la meilleure façon de se repérer dans le parcours médical et de mieux connaître toutes les démarches préventives à effectuer,

explique Natacha Espié, présidente de cette association. Elle rappelle avec ferveur l’importance du dépistage contre la maladie, à l’instar des recommandations de la HAS. Idéalement, il faudrait faire ce dépistage tous les deux ans pour les femmes âgées de 50 ans à 74 ans, et de façon plus précoce pour celles qui présentent des facteurs de risque importants. Si une large majorité des Français est consciente des vertus d’un dépistage précoce, la méfiance persiste.

Nous devons nous battre contre les idées reçues, car elles constituent un frein qui n’a pas lieu d’exister. Redisons-le haut et fort: le cancer du sein tue encore trop de femmes (11000 décès par an) et la détection d’un cancer du sein par un professionnel de santé à un stade précoce permet d’augmenter les chances de survie !

souligne Natacha Espié. La survie à 5 ans est en effet de 99% pour un cancer du sein détecté à un stade précoce, alors qu’elle n’est que de 26 % pour un cancer métastasé. La maladie se soigne aussi plus facilement et les séquelles liées à certains traitements sont diminuées. Il est important aussi de rassurer et d’accompagner les patientes. Comme le précise Natacha Espié,

que les patientes soient seules ou soutenues par leurs proches, le cancer du sein isole et entame la pleine capacité à être reconnue en tant que sujet. Pour affronter la solitude et permettre à ces femmes de se sentir à nouveau considérées, nous devons poursuivre notre devoir d’information et d’accompagnement.

Il faudrait selon elle travailler sur la représentation du cancer du sein et de ses traitements. Défendre, informer, échanger, telle est la devise du combat qu’elle propose contre le cancer du sein. A ses yeux, il est essentiel d’être auprès des patientes :

il en va de la responsabilité de tous et toutes : associations de patients, professionnels de santé, laboratoires de recherches, pouvoirs publics, médias, partenaires industriels. Nous sommes tous capables, à notre niveau, d’activer un levier dans ce combat.

Pour cela, il faut non seulement informer en utilisant tous les canaux de diffusion, mais aussi organiser des temps de rencontres. C’est la raison pour laquelle Europa Donna France organise dans plusieurs délégations tous les mois le « Café Donna », un moment convivial pour échanger avec les patientes et leur entourage.

Ces actions ont permis d’aider près de 10 000 personnes, mais il reste beaucoup à entreprendre pour convaincre les femmes de se faire accompagner. D’autant que la maladie ne touche pas que les femmes, mais aussi leur famille, amis et collègues. Et de conclure :

C’est votre femme, votre sœur, votre voisine, votre amie qui souffre ou souffrira d’un cancer du sein. Alors soyons toutes et tous les acteurs de ce combat !

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