Gemmothérapie : et si on se soignait avec des bourgeons ?

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Gemmothérapie : et si on se soignait avec des bourgeons ?

Laurine Pineau est naturopathe, spécialisée en gemmothérapie. Pour Voix des Patients, elle explique l’intérêt de cette discipline.

 

Qu’est ce que la gemmothérapie ?

 

Il s’agit d’avoir recours aux tissus en construction de l’arbre comme les bourgeons, les jeunes pousses ou les radicelles, dans l’objectif de retrouver la dynamique de régénération et de régulation de ces tissus. Leur composition chimique est bien différente de celle des feuilles ou des branches plus anciennes. Leurs cellules peuvent donner n’importe quelle partie de l’arbre, si bien que leur potentiel est bien plus important que celui du reste de la plante.

 

Comment vous êtes vous intéressée à la gemmothérapie ?

 

Elle fait partie des disciplines que l’on apprend en école de naturopathie, et je me suis spécialisée sur ce sujet quand j’ai commencé à travailler en herboristerie. J’ai suivi diverses formations car ce qui m’a vraiment intéressée dans cette discipline, en tant que naturopathe, c’est la facilité d’utilisation. Bien sûr il y a des précautions d’emploi et des dosages à respecter. Si une personne rajoute une ou deux gouttes parce qu’elles sont tombées trop vite, ce n’est pas un problème.

 

La gemmothérapie existe-t-elle depuis longtemps ?

 

L’utilisation des bourgeons remonte au Moyen- ge, et même avant. Des écrits datant de la période de l’Antiquité ont été retrouvés si bien que l’on sait que les bourgeons étaient utilisés déjà par les Celtes et les Egyptiens. Mais c’est un médecin belge, le Dr Pol Henry qui a vraiment posé les bases scientifiques de la gemmothérapie. Il a élaboré un processus très précis de macération adapté aux bourgeons.

 

Comment sont élaborés « les produits »  ?

 

Le processus d’extraction est une macération faite dans de l’eau, de l’alcool et de la glycérine. C’est très important qu’il y ait ces trois solvants en même temps, car ils permettent d’extraire des principes actifs et se renforcent les uns les autres. Pendant la macération qui dure trois semaines, les principes actifs vont petit à petit passer dans les solvants.

 

A qui s’adresse la gemmothérapie ?

 

Elle s’adresse à tout le monde mais pas avec le même dosage, et avec des restrictions chez les enfants et les femmes enceintes. Nous sommes plutôt sur des cures de fond, dans le cadre d’un usage à long terme. La gemmothérapie a plutôt vocation à être utilisée sur deux à trois mois pour une régénération des organes. Inversement, dans l’aromathérapie, les huiles essentielles sont très actives rapidement.

 

A quelles fins thérapeutiques peut-on l’utiliser ?

 

La gemmothérapie améliore par exemple le système ostéo-articulaire pour soulager des douleurs. Elle agit aussi pour réguler le niveau hormonal, afin d’améliorer des cycles irréguliers, les symptômes liés à la ménopause…

 

Quels sont les résultats que nous pouvons en attendre ?

 

Les résultats sont assez conséquents. Par exemple, le bourgeon de cassis est beaucoup utilisé pour les allergies, qui peuvent être apaisées en deux à trois jours. Pour le stress, nous utilisons beaucoup le figuier pour son activité régulatrice. Au bout d’une semaine d’utilisation, les premiers effets se font sentir.

 

Laurine Pineau est l’auteur de Le grand livre de la gemmothérapie, paru aux éditions Leduc.

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