Le cancer bientôt soigné par l’épigénétique ?

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Le cancer bientôt soigné par l’épigénétique ?

Le rôle de l’épigénétique dans le développement du cancer est de plus en plus étudié par les chercheurs. Cette discipline offre des perspectives prometteuses pour soigner le cancer, notamment celui du pancréas. C’est l’un des cancers les plus mortels, si bien qu’il fait l’objet de multiples recherches. Les scientifiques ont prouvé qu’en manipulant l’épigénome des cancers pancréatiques, on pouvait transformer une tumeur résistante en une tumeur sensible aux traitements. Et ainsi la guérir !

L’épigénétique est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible et adaptative l’expression des gènes sans en changer l’ADN. On parle de modifications biochimiques du génome.

Les modifications épigénétiques jouent un rôle important dans le développement des tumeurs.

Le cancer est le résultat de mutations ou d’altérations génétiques qui provoquent une prolifération anormale de cellules au sein d’un tissu sain. Depuis dix ans environ, on sait qu’il s’agit d’une maladie autant épigénétique que génétique. Les modifications épigénétiques portent non sur l’ADN des cellules lui-même, mais sur la façon dont celles-ci le transcrivent. Ces modifications se transmettent au cours de la mitose et de la méiose.

De nouveaux traitements, moins invasifs et plus ciblés, pourraient voir le jour jour afin de booster la capacité naturelle de l’organisme à lutter contre la maladie. Le principe est relativement simple : restaurer l’expression de ces gènes, afin de permettre à l’organisme de se défendre contre la tumeur. L’objectif des nouveaux traitements est de contrer l’effet pervers de ces marqueurs épigénétiques, afin de lutter efficacement contre le cancer. Au lieu de détruire les cellules tumorales, il s’agirait de modifier leur profil d’expression génique, et de relancer les défenses naturelles de l’organisme contre les tumeurs.

Une « banque » de quelque 200 tumeurs pancréatiques

Comme les autres cancers, le cancer du pancréas résulte de la combinaison de facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux. Juan Iovanna, directeur de recherche à l’Inserm, et ses collègues du Centre de recherche en cancérologie de Marseille ont généré une « banque » de quelque 200 tumeurs pancréatiques humaines vivantes, ainsi que des cellules issues de ces tumeurs. En effet, ces tumeurs sont très hétérogènes.

L’équipe a ensuite conduit sur ces tumeurs toute une série d’analyses et des modifications dites épigénétiques. Deux sous-types principaux de tumeurs ont ainsi été identifiés. Leurs spécificités pourraient constituer de nouvelles pistes thérapeutiques. Les chercheurs ont en effet démontré que manipuler l’épigénome des cancers pancréatiques pourrait transformer une tumeur résistante en une tumeur sensible aux traitements, et la guérir.

Moins de 5 % de survie à 5 ans

Avec moins de 5 % de survie à 5 ans, le cancer du pancréas affiche les plus sombres pronostics de tous les cancers. La chirurgie reste pour l’heure le meilleur traitement possible pour les 15 à 20 % de patients dont la tumeur est opérable, avec une espérance de vie de 15 à 18 mois. Au stade de développement métastatique, la durée de vie est alors estimée entre 3 et 6 mois. La chimiothérapie et la radiothérapie ne sont que faiblement efficaces.

Des chercheurs de l’université de San Diego aux Etats-Unis travaillent sur un test sanguin permettant de dépister rapidement les biomarqueurs du cancer du pancréas dans une simple goutte de sang.

Le Professeur Joël de Rosnay, vient de publier un ouvrage sur la façon dont l’épigénétique va changer votre vie. Il explique que la médecine va entrer dans une nouvelle dimension, et que notre comportement quotidien (alimentation, stress, exercice physique, style de vie…) inhibe ou active certains de nos gènes. Évolue-ton vers un monde où la « fatalité » génétique n’aura plus cours ?

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