Les femmes aussi ont un cœur !

Les femmes aussi ont un cœur !

Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez la femme. Dix fois plus meurtrières que le cancer du sein, ces pathologies sont moins bien diagnostiquées et prises en charge que chez l’homme.

Un véritable problème de santé publique ! En France, comme dans tous les pays d’Europe, les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès chez les femmes. En comparaison avec le cancer du sein, ces pathologies sont dix fois plus meurtrières. Les maladies cardiovasculaires totalisent encore 52 % des causes de mortalité chez la femme contre 42 % chez l’homme. Selon un rapport du Conseil économique et social, la prise en charge médicale des problèmes cardiaques, à toutes les étapes, de l’incidence jusqu’au décès, est moins bonne pour les femmes que pour les hommes. De fait, si ces maladies se déclarent en moyenne sept à dix ans plus tard chez la femme que chez l’homme, les modifications comportementales, notamment l’alimentation, les facteurs psychosociaux et l’exposition au tabac, ont aujourd’hui un impact majeur sur la détérioration de la santé cardiovasculaire féminine. L’hospitalisation pour infarctus du myocarde (IDM) en France est en baisse pour la majorité de la population, à l’exception des femmes de 35 à 54 ans.

Des symptômes mal perçus et une prise en charge retardée

Presque deux tiers des femmes qui décèdent d’un infarctus n’ont pas eu de symptômes d’alarme. Car les signes ne sont pas toujours évidents à déceler chez la femme. La puissante douleur thoracique significative chez l’homme est beaucoup moins fréquente chez la femme. On retrouve plus régulièrement une grande fatigue, des troubles du sommeil et de l’humeur, des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleur épigastrique), qui trop souvent, orientent vers un mauvais diagnostic. La croyance encore largement admise que les femmes sont moins vulnérables vis-à-vis des maladies cardiovasculaires participe à cette mauvaise perception de leurs symptômes.
C’est notamment pourquoi les femmes consultent plus tard et présentent un profil plus grave, une fois que la maladie est diagnostiquée. Elles sont moins traitées ou traitées plus tard. Ce décalage de prise en charge est en moyenne de 10 minutes pour un infarctus. Conséquence : une mortalité plus élevée à un an chez les femmes, soit de +7 % en valeur absolue par rapport aux hommes.

 

Le danger des préjugés

Ce film de prévention, réalisé par Maïwenn, pointe du doigt la méconnaissance de ce problème de santé.

 

Des risques spécifiques aux femmes

Les facteurs de risque cardiovasculaire majeurs, identiques à ceux des hommes, tels que l’hypertension artérielle, le tabagisme, les dyslipidémies, le diabète, le stress psychosocial ont un impact plus important, en particulier chez la femme jeune. Ainsi le diabète augmente le risque de mortalité cardiovasculaire de trois à sept fois chez les femmes contre deux à trois fois chez les hommes. Du reste, certaines étapes dans la vie d’une femme sont marquées par des modifications hormonales qui requièrent une attention particulière. La prescription d’une contraception hormonale nécessite une consultation médicale approfondie et d’autant plus avec l’âge. Car, à partir de 35 ans les facteurs de risque vasculaire artériel tels que l’obésité, l’hypertension, le diabète, le tabagisme s’intensifient. Le statut vasculaire de la femme enceinte doit aussi précisément être pris en compte, en particulier quand elle présente une hypertension artérielle ou une pré-éclampsie. En effet, le risque cardiovasculaire ultérieur est multiplié par trois pour l’hypertension et par deux pour l’infarctus du myocarde ou l’AVC pendant la grossesse. La ménopause exige également une certaine vigilance. Durant cette période, le risque de morbidité est essentiellement cardiovasculaire. Une évaluation cardiologique est donc recommandée aux femmes préménopausées, en particulier en présence de facteurs de risque ou lorsqu’une maladie cardiovasculaire est suspectée, et avant d’entamer tout traitement hormonal.

Une recherche qui ne prend pas assez en compte les spécificités des femmes

Pour la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances, c’est dès la recherche fondamentale que les différences biologiques entre hommes et femmes doivent être prises en compte. Autant pour affiner les outils de prévention que pour mettre au point des prises en charge et des traitements différenciés. Car, jusqu’à présent, les travaux et études sur ces pathologies sont menés le plus souvent sur un plus large panel d’hommes.