L’hypnose médicale, utile contre le stress et la douleur

L’hypnose médicale, utile contre le stress et la douleur

A priori, l’idée de recourir à l’hypnose dans des établissements hospitaliers peut surprendre. Pourtant, les médecins semblent de plus en plus convaincus.

 

Utilisée pour lutter contre la douleur, ou encore contre l’anxiété liée à un geste médical, l’hypnosédation s’est beaucoup développée ces dernières années au sein des hôpitaux et des salles d’opération. Mais aussi au sein des Samu. Dans un contexte d’urgence absolue, souvent vitale, cela peut sembler étonnant d’avoir recours à la pratique de l’hypnose. Certes, elle n’a pas lieu d’être pour les patients étant dans le coma ou en arrêt cardiaque. En revanche, les urgentistes y ont parfois recours pour les personnes conscientes.

 

Créer un cadre rassurant

 

Pour fonctionner, l’hypnose doit être mise en place dès le premier contact avec le patient. On parle souvent d’hypnose « conversationnelle ». En faisant parler le patient, de sujets qui lui tiennent à cœur, des urgentistes peuvent par exemple remettre en place une épaule déboîtée ou recoudre un menton sans avoir recours à une anesthésie. La pratique n’a ici rien à voir avec les spectacles grand public et le côté sensationnel, mais suppose quand même une formation spécifique. Généralement, même quand elles ne bénéficient pas de cet apport de connaissances, les équipes de soin sont sensibilisées aux effets bénéfiques de l’hypnose et contribuent à son déploiement. L’objectif est de placer les patients dans un contexte rassurant. Et cela commence dès l’accueil. Il s’agit de mettre le patient en confiance, car c’est la condition sine qua non pour que l’hypnose puisse fonctionner. Cela suppose aussi d’éviter le recours aux mots anxiogènes. Et inversement, de tenter des rapprochements d’idées destinés à détendre le patient. Ainsi un bouquet d’électrodes peut devenir un bouquet de fleurs et un abaisse-langue, un bâton d’esquimau. En évitant les larmes et l’inquiétude, on facilite les soins. Le personnel soignant sera lui aussi moins stressé.

 

Une technique pertinente pour tous

 

L’hypnose est efficace tant pour les enfants que les adultes ou les personnes âgées. Pour ces dernières, la démence favorise parfois l’état d’hypnose, puisque le patient, en proie à une perpétuelle confusion, ne parvient plus bien à distinguer la réalité de la divagation. Inversement, l’hypnose permet aussi de lutter contre la démence et aide les seniors à retrouver la mémoire. En ce qui concerne les enfants, ils sont particulièrement sensibles à cette technique. Un geste douloureux peut devenir une chatouille dès lors qu’il est annoncé comme tel. D’ailleurs, pour ceux qui souffrent de douleurs chroniques, on leur enseigne l’auto-hypnose, afin de les aider à se replacer tout seuls dans cet environnement rassurant.

 

Hypnose et chirurgie

 

Le recours à l’hypnose pour la chirurgie ne date pas d’hier, puisqu’il a été initié en …1829! Il s’est perfectionné depuis, et permet de raccourcir la durée d’une intervention. En créant une modification de la conscience de soi, l’hypnose permet au chirurgien de réaliser des gestes sans avoir recours aux anesthésiques.

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