Médecines douces : comment être vigilants pour éviter les charlatans ?

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Médecines douces : comment être vigilants pour éviter les charlatans ?

Energéticiens, naturopathes, aromathérapeutes, hypnothérapeutes, auriculothérapeutes… ces professions ont connu ces dernières années un véritable essor. Faut-il croire aux promesses d’un plus grand bien être ? Faut-il craindre les charlatans ? Comment s’y retrouver ?

« L’hypnose face à la douleur m’a beaucoup aidé ». « J’ai tenté l’acupuncture, mais ça n’a pas marché contre le stress, alors que pour ma femme, cela s’était avéré efficace ». « Je vais voir une thérapeute pour faire de l’EMDR afin de mieux faire face à un traumatisme », « Le shiatsu m’a permis de faire face à mes peurs »… Tous les patients y vont de leurs propres anecdotes. A savoir, ce qui fonctionne pour les uns ne marche pas forcément pour les autres. Mais surtout, il y a différents types d’experts. Certains sont compétents, d’autres moins. A tel point que certaines thérapies « alternatives » dont il faut préciser qu’elles ne sont pas du tout scientifiques ont pu ouvrir la voie à des dérives sectaires, dont l’efficacité n’est pas avérée. En 2012, près de 400 pratiques alternatives à visée thérapeutique, pour la plupart inconnues du grand public comme le respirianisme ou l’instinctothérapie,, avaient été recensées par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Certains médecins regrettent que ces méthodes alimentent la suspicion vis-à-vis de la médecine traditionnelle. En effet, il n’est pas rare que ceux qui s’adonnent à ces pratique invalident les traitements médicamenteux, prétendant renforcer les défenses immunitaires des patients.

Attention si le thérapeute vous encourage à arrêter votre traitement…

Evidemment, il s’agit d’un signal d’alarme car aucune de ces pratiques ne peut se substituer à un traitement prescrit, ou à une visite de contrôle chez son médecin. Ce type de thérapie ne peut venir qu’en complément au risque de mettre gravement sa santé en jeu.

… ou s’il affirme pouvoir vous guérir de maladies graves

Si ces médecines douces peuvent soulager les effets secondaires des maladies, ou adoucir la lourdeur d’un traitement médical, elles ne pourront en aucun cas vous guérir.

Un niveau de formation suffisant

Les médecines douces nécessitent une formation. Certes les études sont moins importante que celle des médecins traditionnels, mais les praticiens doivent tout de même être formés dans des écoles et organismes reconnus et contrôlés, et titulaires de diplômes et certifications.

Pas besoin d’un nombre infini de séances…

Il n’est pas rare que es praticiens recommandent un nombre incalculable de séances pour le suivi, ce qui doit vous alerter. En réalité, il n’est pas indispensable d’en prendre plus de dix car la majorité des disciplines de médecine douce sont des pratiques brèves,  si bien qu’une série de quelques séances sont suffisantes pour traiter une problématique.

… ni de compléments divers et variés

Certains praticiens recommandent l’achat de plantes, livres… Pour autant, prendre soin de vous ne doit pas devenir une pratique ruineuse. Attention donc aux achats excessifs sans en connaître ni en comprendre l’utilité. Mieux vaut se concentrer sur son hygiène de vie.

Il doit être précis sur les détails de sa pratique

Si votre thérapeute est trop vague, cela doit vous alerter, car cela peut trahir un défaut de formation, ou une volonté de cacher des éléments. N’hésitez pas à poser des questions car il doit pouvoir vous décrire précisément les détails de sa pratique et la traçabilité des produits  utilisés. Il doit aussi être en mesure d’expliquer toutes les étapes du suivi. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, vous êtes libre d’arrêter à tout moment, sans contrainte.

La répression des fraudes durcit le ton

Précisément parce que l’information est encore souvent trop insuffisante et que beaucoup de pratiques sont trompeuses voire risquées, la répression des fraudes durcit le ton. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a récemment dressé un tableau sévère des « médecines douces », constatant que deux-tiers des professionnels contrôlés étaient en infraction. Elle met aussi en cause « la présence de clauses abusives dans les conditions générales de vente sur des sites spécialisés.