Quel est l’impact de l’activité sexuelle sur le cancer de la prostate ?

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Quel est l’impact de l’activité sexuelle sur le cancer de la prostate ?

Une thèse a longtemps circulé selon laquelle des rapports nombreux et des éjaculations répétées étaient de nature à limiter les risques. Mais une récente étude remet en cause l’effet protecteur de l’activité sexuelle contre cette maladie…

Réduction ou augmentation du risque ?

Pour réduire son risque de cancer de la prostate, il faudrait au contraire commencer sa vie sexuelle le plus tard possible, avoir le moins de partenaires possibles et limiter son activité sexuelle à 2 à 4 éjaculations semaines. Ces conclusions plutôt déroutantes ont été publiées par le très sérieux Journal of sexual medicine. Diffusée en juillet 2018, cette analyse compile les résultats de 21 études et a de quoi surprendre. D’après ses auteurs, au-delà de 10 partenaires, on augmente le risque de cancer de la prostate.

Ce nouvel opus contredit les résultats d’études fiables sur le plan méthodologique, comme celle publiée en 2016 dans l’European urology. On y apprenait que plus un homme avait d’éjaculations (qu’elles surviennent lors d’un rapport ou de la masturbation), plus il diminuait son risque de cancer de la prostate. Certes, cette étude comportait certains biais, par exemple l’alimentation et l’activité physique n’étaient pas prises en considération. De plus, les résultats se fondaient sur du déclaratif, et on peut imaginer que certains hommes aient gonflé leur activité sexuelle.

Des résultats à interpréter avec prudence

Pour le sexologue Gilbert Bou Jaoudé, cette dernière recherche va par ailleurs à l’encontre d’un autre type d’études montrant que les personnes dotées d’une vie sexuelle active, ont globalement moins de risque de maladies et de mortalité. Elle est donc à interpréter avec prudence.

Si l’impact de l’activité sexuelle est regardé avec une attention si particulière, c’est car on ne connaît pas de facteur de risque modifiable pour le cancer de la prostate, comme c’est le cas par exemple pour le cancer du poumon avec le tabagisme.

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