Sels d’aluminium dans les déodorants : un lien avec le cancer du sein?

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Sels d’aluminium dans les déodorants : un lien avec le cancer du sein?

Depuis longtemps déjà, des spéculations circulent sur les effets délétères des sels d’aluminium contenus dans certains déodorants. Les recherches de scientifiques suisses relancent la polémique.

Deux chercheurs suisses, le Pr André-Pascal Sappino et le Dr Stefano Mandriota, affirment en effet que les sels d’aluminium contenus dans les déodorants provoquent des tumeurs chez les souris. Ils font partie de la Fondation privée des Grangettes (soutenue par la Ligue genevoise contre le Cancer). Toutefois, cette étude n’apporte pas la preuve formelle d’une toxicité de cette substance pour le corps humain.

Leur 2ème étude sur la nocivité de ces substances

Ces deux scientifiques ont été alertés par la hausse des cancers du sein au cours des dernières décennies et par le fait que 80 % apparaissent à côté du creux de l’aisselle.
En 2012, ils avaient publié une première étude mettant en lumière la nocivité des sels d’aluminium sur des cellules mammaires humaines in vitro. Récemment, ils ont franchi une étape en plaçant des cellules mammaires de souris en contact avec des sels d’aluminium.

Au bout de quelques mois, ils les ont injectées à trois groupes de souris saines, dont le système immunitaire était plus ou moins vaillant. Résultat : tous les groupes ont développé des tumeurs, à des degrés divers, formant parfois des métastases. Ils en déduisent que ces sels ne sont pas inoffensifs car ils sont mutagènes et qu’ils induisent dans les cellules de la glande mammaire des altérations marquées.

Il n’en demeure pas moins que ces travaux ne font pas l’unanimité dans la communauté scientifique. On leur oppose que la réalité du corps humain n’est pas celle du laboratoire.

Qu’en pensent les autorités sanitaires ?

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) n’exclut pas l’hypothèse selon laquelle l’utilisation répétée de déodorants contenant des l’aluminium peut comporter des risques pour la santé. En 2011, elle recommandait déjà de ne pas utiliser ces produits en cas de lésion. La Commission de Bruxelles, dont l’avis prime sur celui de l’ANSM, n’impose pour le moment pas de seuil ni de mention sur les flacons.

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