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Que faut-il penser de la chirurgie éveillée ?

Pour certaines chirurgies, les patients ne sont pas nécessairement totalement endormis. Il peut y avoir des avantages à ne pas pratiquer d’anesthésie générale, même si cela reste encore peu répandu.

En 2016, une première s’est déroulée au CHU d’Angers : un patient sous simple anesthésie locale et équipé de lunettes 3D a guidé le neurochirurgien en train de lui ôter une tumeur cancéreuse au cerveau. Cette personne n’ayant plus qu’un œil suite à une maladie ophtalmologique, il était d’autant plus essentiel de prendre ces précautions.

La chirurgie éveillée se pratique depuis les années 2000, toutefois, ce qui est inédit, ce sont ces lunettes 3D qui plongent le patient dans une réalité virtuelle permettant de tester des fonctions beaucoup plus complexes. Le patient aide le chirurgien à chaque instant, en lui disant, dans le bloc, s’il peut continuer à opérer, à enlever plus de tumeur, ou s’il faut s’arrêter.

Au delà des tumeurs cancéreuses, cette méthode se pratique pour d’autres actes de neurochirurgie. Au CHRU de Besançon, une patiente atteinte d’une malformation artério-veineuse a ainsi été opérée grâce à cette technique de chirurgie éveillée.

L’idée d’avoir le cerveau à ciel ouvert est quand même perturbante,

avait-elle reconnu. Cela lui a toutefois permis de décrire les images perçues au chirurgien. L’anesthésie éveillée se pratique aussi dans d’autres indications que la neurochirurgie : pour la chirurgie osseuse, pour les hernies ou encore pour les personnes ayant des problèmes d’incontinence urinaire.

Les faire tousser permet au chirurgien de mesurer la tension des bandelettes placées sous l’urêtre et donc d’ajuster son geste le plus précisément possible,

explique le Dr Warlin, chirurgien.

Les progrès de l’anesthésie locale et régionale amènent de plus en plus souvent à opérer des sujets conscients, dont les suites sont plus simples et plus courte, et avec lesquels il peut y avoir échange verbal. Il faut être extrêmement vigilant à ce qu’on dit, car évidemment les patients entendent tout. Mieux vaut donc éviter les termes anxiogènes. S’ils se mettent à saigner beaucoup, il ne faut pas le verbaliser car cela risquerait de les inquiéter.

En conséquence, la communication avec l’équipe chirurgicale est souvent gestuelle.

L’échange verbal peut viser à distraire l’attention de l’opéré (quel âge ont vos enfants ?). Parfois, ce sont des injonctions (comme ne bougez pas vos jambes). Cela peut être pour tenir le patient au courant du déroulement de l’opération, en annonçant éventuellement les perceptions prévues (vous allez sentir une pression). Il importe aussi de s’enquérir tout au long de l’intervention de son confort (comment vous sentez-vous ?, avez-vous froid ?)

ajoute-t-il.

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