Alzheimer : soyons vigilants sur tous les symptômes !

Alzheimer : soyons vigilants sur tous les symptômes !

À l’occasion de la journée mondiale de la maladie Alzheimer, Voix des Patients s’intéresse une nouvelle fois à cette maladie, et notamment à l’apathie, l’un des symptômes, trop souvent oublié et trop souvent confondu avec la dépression. La moitié des patients souffrant de démence serait pourtant concernée…

Le déficit de mémoire, ainsi que la désorientation à la fois dans le temps et l’espace sont très caractéristiques chez les patients atteints d’Alzheimer. Toutefois, d’autres symptômes dits « cognitifs » peuvent se manifester. Ainsi, on note souvent des troubles dans l’exécution des gestes, des changements d’humeur et de comportement ou encore une aphasie, autrement dit , un trouble du langage ou de la compréhension. Ce dernier va de la difficulté de trouver ses mots à une perte totale de la faculté de s’exprimer. L’attention et la concentration peuvent aussi être affectés, tout comme le jugement et le raisonnement, ainsi que les capacités d’anticipation, d’initiation et de planification des tâches. Il est important de repérer tôt ces éventuelles altérations comportementales, de façon à mettre en place rapidement des soins dans l’objectif de préserver le plus longtemps possible la qualité de vie des patients. En effet, sachant que cette maladie neurodégénérative se traduit par une atteinte progressive et irréversible du cerveau, mieux vaut agir le plus en amont possible.

L’apathie : un symptôme à part entière…

Autre symptôme, pas toujours considéré à sa juste importance : l’apathie. Ce trouble comportemental est très répandu chez les patients concernés. Il se caractérise par une perte ou par une baisse de la motivation. Le patient prend moins d’initiatives, ses activités sociales s’appauvrissent, et il a tendance à se désintéresser de tout. À tel point que l’entourage a tendance à penser – le plus souvent à tort – qu’il s’agit de dépression. Des chercheurs américains ont réalisé une étude mettant en avant que, sur 4 320 patients, 45% présentaient une apathie et 20% une apathie persistante au fil du temps. Dans la majorité des cas, elle n’est pas associée à une dépression, ce qui suggère qu’il s’agit d’un symptôme à part entière avec son propre profil clinique et biologique.

… dont les conséquences peuvent être désastreuses

Si l’apathie est un symptôme oublié de la démence, il n’en demeure pas moins qu’elle peut avoir des conséquences désastreuses. En effet, la baisse de motivation engendre une diminution de la pratique d’activités, ce qui accélère le déclin cognitif des patients et augmente leur taux de mortalité. En effet, l’activité joue un rôle de prévention, à condition d’être pratiquée régulièrement. D’où l’intérêt selon les experts de mettre en place des soins plus personnalisés et de favoriser des interactions sociales plus poussées. La Haute Autorité de santé avait déjà, dès 2014, sensibilisé le public sur ce symptôme spécifique, précisant qu’il concernerait 60% des patients touchés par la maladie. L’institution mettait également en garde contre le mauvais usage d’antidépresseurs et recommandait plutôt des actions de stimulation cognitive. Les chercheurs de l’université d’Exeter, cités plus haut, préconisent quant à eux une formation personnalisée du personnel des foyers d’accueil pour les patients atteints de démence afin que ce symptôme soit mieux pris en compte. « L’apathie est le symptôme oublié de la démence, mais elle peut avoir des conséquences dévastatrices. Nos recherches montrent à quel point l’apathie est commune chez les personnes atteintes de démence, et nous devons maintenant mieux la comprendre pour pouvoir trouver de nouveaux traitements efficaces », explique le Professeur Clive Ballard. Reste à espérer que cette prise de conscience et ces recherches ouvriront de nouvelles voies…

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