Des chirurgiens toujours plus précis grâce à la réalité virtuelle

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Des chirurgiens toujours plus précis grâce à la réalité virtuelle

C’est une première dans le monde. A l’hôpital Avicenne AP-HP de Bobigny, un chirurgien a récemment posé une prothèse d’épaule à l’aide d’un casque d’un nouveau genre, lui permettant de voir à travers la peau de la patiente. Une opération retransmise en direct sur Internet.

Voir le squelette à travers la peau, ce n’est pas de la science-fiction, mais la réalité. L’objectif : déterminer la position des muscles ou des organes, mais aussi le trajet des nerfs et des vaisseaux sanguins. Un atout évidemment majeur pour réaliser une opération délicate ! Le Dr Thomas Grégory, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hôpital Avicenne AP-HP, a interpellé toute la communauté médicale en posant une prothèse d’épaule grâce à un casque de réalité virtuelle.

Une bien meilleure précision

Cet outil lui a permis de voir virtuellement des images en trois dimensions de l’anatomie de sa patiente pendant l’opération. Ces images, projetées en temps réel sur le corps, ont été obtenues préalablement par des examens d’imagerie médicale (radiographie, scanner, IRM).

Ce véritable ordinateur sans fil que le chirurgien met sur sa tête et qu’il peut contrôler par la voix et par le geste permet d’améliorer significativement les gestes réalisés. L’objectif est en effet de disposer durant l’opération d’une foule d’informations (épaisseur des tissus, emplacement précis des organes alentour invisibles..).. Cet outil permet d’augmenter les sens du chirurgien, d’être plus rapide et surtout plus précis. Il autorise aussi, comme ce fut le cas pendant cette intervention, des échanges avec d’autres chirurgiens à travers le monde.

Ce casque ultra élaboré ouvre beaucoup d’espoirs tant ses applications chirurgicales sont multiples. On pourra ainsi visualiser le squelette pour placer rapidement une prothèse lors d’une opération orthopédique, ou encore voir la trajectoire des nerfs et des petits vaisseaux pour diminuer les risques de section. Tout aussi incroyable : la possibilité d’accéder à l’ensemble des données médicales de la patiente pendant l’opération via le casque et d’être assisté à distance par d’autres chirurgiens en France, ou à l’étranger.

Seul bémol de ce modèle numérique : il ne tient pas compte des éventuels changements entre le moment où les examens d’imagerie ont été réalisés et celui de l’intervention. Or une simple respiration ou une déformation des tissus au passage des outils chirurgicaux peuvent entraîner un décalage de quelques millimètres par rapport à ce que le chirurgien pourrait voir dans son casque. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà envisagées pour améliorer ce point, comme le fait de procéder à des examens d’imagerie de façon régulière (mais il faut prendre en compte les risques des rayons), utiliser l’imagerie par ultrasons ou mieux encore, la modélisation informatique qui permettrait de prédire la déformation. Le progrès médical n’a pas fini de nous surprendre…

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