L’art-thérapie : une bonne façon d’exprimer ses émotions

L’art-thérapie : une bonne façon d’exprimer ses émotions

Exprimer son ressenti à travers le dessin ou la peinture est souvent une façon très cathartique de prendre le dessus sur la maladie. Pour Annie, l’art thérapie a été une révélation.

Une femme tête en bas avec en toile de fond un papier peint rose couvert de mamelons. Cette image pourrait a priori sembler surréaliste. Pourtant dans l’esprit d’Annie, le sujet était archi concret au moment où elle l’a peinte dans sa maison près d’Angers. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, puisqu’elle est désormais en rémission d’un cancer du sein, mais pendant ses traitements, la peinture l’a beaucoup aidé. « J’avais vraiment des accès dépressifs. Je me sentais épuisée. J’avais du mal à juguler ma colère et mon désespoir », raconte-t-elle. La psychologue qui la suit alors, connaissant son penchant pour l’expression artistique, lui conseille un atelier d’art thérapie. « Pour être honnête, j’ai d’abord été sceptique. Je ne voyais pas en quoi ce la me permettrait d’aller mieux. De plus, je n’ai pas été beaucoup aux ateliers d’une part parce que j’étais fatiguée, d’autre part, car à ce moment là, je n’avais pas très envie d’être avec d’autres. Mais cela m’a donné envie de prendre un pinceau et de m’employer, seule, chez moi, à représenter mes états d’âme », raconte-t-elle.

Des tableaux de sa création, il y a beaucoup chez elle. Mais elle confesse avoir jeté certaines œuvres vraiment trop sombres. « Mettre en image mon ressenti, cela m’a beaucoup aidé. Je ne pouvais pas nécessairement restée concentrée longtemps, mais je me remettais à l’ouvrage régulièrement. C’était un peu comme un rendez vous , avec le charme de ne pas avoir d’horaires imposés », témoigne-t-elle. Si certains extériorisent leurs émotions par l’écriture, pour d’autres, c’est plutôt par la peinture que cela passe.

« Sur les conseils de ma psychologue, je me suis efforcée de mettre de la couleur sur mes toiles, et comme par contagion, j’ai constaté que je me sentais un peu plus gaie », ajoute Annie. Cerise sur le gâteau, cette activité lui a permis de pouvoir échanger davantage avec ses proches. « Ce n’est pas toujours facile de parler de son mal être. On ne souhaite pas envahir les gens et les plomber. En observant mes peintures, mon mari et mes filles ont mieux compris ce que je traversais. Cela a permis d’enclencher des conversations qui n’auraient pas vu le jour autrement », précise Annie. Aujourd’hui, elle va mieux, mais continue néanmoins de peindre. Certes, moins régulièrement, d’autant qu’elle a repris son activité de conseillère en agence bancaire, mais cela reste un parfait exutoire pour manifester ses émotions, aussi bien ses moments de stress que ses périodes de joie.

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