Les groupes de parole, pour quoi faire ?

Les groupes de parole, pour quoi faire ?

Plusieurs associations organisent des groupes de parole. Pour certains patients et aidants, c’est un vrai soutien. D’autres y voient moins d’intérêt. Mais dans tous les cas, l’expérience mérite d’être tentée.

Annie a du faire face récemment à l’annonce du cancer de sa sœur. Cette dernière étant célibataire et n’ayant que peu d’amies, elle était incapable de faire face. « Ma soeur a du abandonner son activité professionnelle. Tous les jours, je vais chez elle, m’occupe de son courrier, de son ménage, lui apporte des affaires propres à l’hôpital. Je lutte pour qu’elle ait le droit à des indemnisations, et le reste du temps, je tente de la soutenir », confie Annie, déjà surmenée par sa propre vie familiale et professionnelle. Sur les conseils de certains proches, elle s’est rapprochée d’une association pour participer à un groupe de parole. « Je n’y ai été qu’une fois. Je ne dis pas que ce n’est pas intéressant, mais je n’ai déjà pas le temps de faire tout ce que j’ai à gérer, alors pour moi, c’est une charge supplémentaire. Et je ne suis pas sûre que cela m’apporterait vraiment quelque chose », confie-t-elle.

Egalement aidante, Valérie a en revanche été séduite par le concept. « J’accompagne ma mère qui souffre d’un cancer du sein. Ce n’est pas évident pour une fille d’assister celle qui lui a donné la vie. Les rôles sont soudain inversés. Je ne savais pas comment gérer, comment trouver les mots », confie-t-elle. Elle s’est rapprochée de la Ligue contre le cancer, ce qui lui a permis d’échanger avec d’autres personnes, confrontées à une expérience similaire. « Nous avons pu bénéficier de l’accompagnement d’un psychologue expérimenté. Personnellement, cela m’a surtout aidé à prendre de la distance avec la maladie et d’être moins anxieuse », analyse-t-elle.

Pour les patients, ces groupes de parole sont également très adaptés, d’autant que l’ambiance est bienveillante et solidaire. L’objectif est de dire certaines choses dans le cadre de ces moments, que l’on ne peut pas dire ailleurs. La voie, souvent, vers la reconstruction !

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