Loane, en couple, quatre enfants : « le sida n’arrête pas la vie »

Loane, en couple, quatre enfants : « le sida n’arrête pas la vie »

Un seul rapport avec un homme infecté a suffi pour qu’elle contracte la maladie. Elle avait 17 ans. Quelques semaines plus tard, tout bascule pour Loane : douleurs, paralysie… Les symptômes de la primo infection la conduisent aux urgences.

On m’a fait des tas d’examens. J’ai cru que j’allais mourir. Et puis l’équipe médicale m’a annoncé la nouvelle. Mes parents attendaient dans le couloir, je ne savais pas comment leur dire que j’avais le sida.

Retour à la maison et au lycée, et difficile retour des choses.

On ne parlait pas de la maladie dans mon entourage mais ma maman ne mangeait plus dans mon assiette. Je me cachais pour aller récupérer mes cachets plusieurs fois par jour dans le frigo de l’école. J’en avais douze à prendre à des heures précises.

Quelques mois passent et l’amour est au rendez-vous avec un ami d’enfance, alors qu’elle vient de commencer une trithérapie. Les précautions sont prises mais un préservatif craque. Loane tombe enceinte. Persuadée qu’elle n’aura plus jamais d’autre occasion d’être mère, elle décide de garder l’enfant. Nous sommes alors en 1999, on connaît peu la portée de ces nouveaux traitements ni leurs effets secondaires sur le fœtus.

On a commencé à me préparer à l’idée que j’aurais peut être un enfant handicapé ou pas viable… Nous avons eu une magnifique petite fille.

Celle-ci, mise au jour par césarienne, se révèle séronégative. Loane a eu trois autres enfants depuis, tous séronégatifs. Grâce au traitement, le virus est devenu indétectable dans son organisme, elle ne prend plus aujourd’hui que deux cachets par jour.

La trithérapie ne m’a pas seulement sauvée, elle m’a permis de construire ma vie.

Aujourd’hui, la jeune mère de famille s’est trouvé un autre combat : libérer la parole autour du sida.

J’ai la chance d’être entourée de proches qui acceptent ma maladie, mais il y a les autres.

Quand sa fille de quinze ans, qui rêve d’être infirmière, envisage de faire un exposé sur le VIH, elle lui recommande de taire le fait que sa mère est séropositive.

Les mentalités ne sont pas encore prêtes, je refuse que mes enfants soient stigmatisés.

C’est pour faire bouger les choses dans sa petite ville de Bretagne, qu’elle s’est proposé d’y créer une antenne du Comité des familles. Une association qui rassemblent les personnes concernées par le VIH et leurs proches.

Parce que le sida n’arrête pas la vie.

Les « Grandes sœurs » du Comité des familles

Des mamans qui ont vécu cette même situation proposent de soutenir les femmes enceintes qui viennent d’apprendre leur diagnostic pour les aider à appréhender le choc de l’annonce et à envisager les étapes nécessaires pour organiser leur vie avec le VIH tout en élevant leur enfant. Ces Grandes sœurs peuvent apporter la
« preuve vivante » qu’il est possible de se soigner, d’élever ses enfants, de connaître l’amour et d’avoir une vie de couple épanouie malgré la maladie. Elles interviennent par le biais d’un accompagnement individuel auprès de ces femmes qui ne sont souvent pas prêtes à en parler dans un cadre collectif.

 

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