Bien-être psychologique

Les astuces de Patricia pour retrouver calme et sérénité

Patricia s’occupe beaucoup de ses parents, atteints respectivement d’Alzheimer et de Parkinson. Elle-même souffre de fibromyalgie. Le stress lié à la maladie met ses nerfs à rude épreuve. Sa quête : s’apaiser !

Pas facile tous les jours quand on est en permanence confrontée à la maladie, la sienne et celle de ses proches. Je n’en peux plus des contraintes. J’ai l’impression de mettre ma vie entre parenthèses en permanence. Pour presque tout, je dois faire face à des limites là où j’ai envie de croquer la vie à pleine dents. Je suis souvent rongée par la colère, et certains jours, j’ai tendance à en vouloir à la terre entière », raconte cette femme de 44 ans.

L’envie de se reprendre en main

Un état de fait qui a eu raison de sa bonne humeur et de sa sérénité. « Je n’ai jamais été d’un calme olympien, car l’anxiété est un peu une seconde nature. Mais depuis un an, je ne passe plus une seule journée sans avoir envie de hurler. Le Dalaï Lama dit que l’apaisement réside en chacun de nous, mais force est de constater que c’est plus ou moins le cas selon les personnes », ironise-t-elle. Entre d’un côté un rythme de vie frénétique lié à son activité professionnelle et familiale, et de l’autre, le quotidien avec une maladie chronique, la spirale infernale lui laisse peu de répit. Sur les conseils d’une proche amie, Patricia a fini par se résoudre à consulter une psychologue. Je suis déterminée à reprendre ma vie en main et à trouver le moyen d’être moins irritable afin que mon système nerveux soit moins dans le rouge », déclare-t-elle.

Ce qui a déclenché cette prise de conscience, c’est un accrochage en voiture : « j’étais dans un parking, et comme souvent à cran. J’ai reculé sans réaliser qu’il y avait un monsieur derrière, et j’ai endommagé sa voiture. Nous avons signé un constat amiable après quelques haussements de ton, puis j’ai réalisé qu’à force d’être en permanence dans cet état, je prenais le risque d’avoir un accident bien plus grave ». Cet épisode a valeur de déclic pour Patricia.

À partir de ce moment-là, non seulement elle contacte une thérapeute, mais elle choisit de repenser sa façon de s’alimenter, en limitant par exemple les sodas. « Je me suis aussi mise au yoga. Je n’ai ni les moyens, ni le courage pour aller dans un club, mais je regarde des vidéos et je lâche prise en écoutant un coach virtuel », ajoute-t-elle. Depuis qu’elle a mis en pratique ces nouvelles dispositions, Patricia a le sentiment de dormir un peu mieux : « Je ne peux pas dire que je ne suis plus irritable, mais c’est nettement mieux. Je vois moins la vie en noir, même si certains jours, j’ai vraiment du mal à me plonger dans la méditation ». Ce qui l’a souvent mise hors d’elle, ce sont les injonctions des médecins à se calmer : « je comprends qu’ils disent cela pour notre bien, mais quand on vit dans la peur avec des émotions qui nous assaillent, ces discours restent abstraits et inaccessibles ». Elle estime qu’il faudrait donner des clés aux patients pour les aider à apaiser leur système nerveux, que ce soit grâce à la sophrologie, l’auto-hypnose ou d’autres pratiques. « En ce qui me concerne, les massages me font un bien fou, mais c’est un réel budget. Je m’en offre un tous les deux mois, quitte à économiser sur d’autres postes car j’ai repensé mes priorités budgétaires », explique-t-elle.

Comprendre les mécanismes à l’œuvre pour agir

Notre système nerveux est constitué du système nerveux sympathique, lequel nous permet d’agir, et du système nerveux parasympathique, qui nous permet de nous calmer et de récupérer notre énergie. Si nous sollicitons le premier pour la moindre activité à longueur de journée (sortir, marcher, manger, parler…), nous activons le second pour relâcher notre corps lors du sommeil, de la méditation… « Ma thérapeute m’a incité à utiliser ce dernier plus souvent, pour l’entraîner, afin d’être à la fois moins fatiguée et moins stressée. Le fait de comprendre ses mécanismes, et notamment d’avoir intégré que notre état émotionnel dépend de l’équilibre de ces deux systèmes complémentaires, me donne le sentiment d’avoir davantage le contrôle et de moins subir de façon passive. C’est rassurant et donc apaisant à mes yeux », détaille Patricia. Pour que ses nuits soient bénéfiques, elle a également assimilé le fait qu’il ne fallait plus qu’elle soit en surtension à la fois sur un plan physique et mental pendant la journée : Avant, j’avais un peu le sentiment d’un circuit électrique en surchauffe, et sur le point de disjoncter à tout moment. Désormais, je le charge moins ».

Vigilance et bienveillance : ses nouveaux mots d’ordre

Dans la mesure où elle dort mieux, elle a retrouvé son calme, mais aussi sa concentration. « Je n’arrivais plus à agir de façon lucide. Je me sentais dépassée à chaque fois qu’il fallait faire des choix, un peu comme écartelée et déposséder de mes facultés. Je sur-réagissais dans la précipitation et de façon très nerveuse », raconte-t-elle. Quand elle revient sur cette période, le plus terrible à ses yeux, c’était le fait de se sentir comme prise au piège avec l’incapacité de changer la donne. J’étais débordée, submergée, au bord des larmes, épuisée et dans un mode de survie », précise-t-elle. Aujourd’hui, elle confesse qu’il lui arrive parfois encore de ressentir cette nervosité à la fois stérile et contre-productive, mais d’une part elle en est consciente, et d’autre part, elle a des ressources pour se calmer : « Je m’arrête pour analyser la situation et évaluer les sensations que je ressens dans mon corps, mais sans ruminer mes pensées pour autant. Je tâche d’évacuer les nuages, et je respire profondément en attendant qu’ils passent ». Parfois il lui arrive même de prendre un roman, pour se plonger dans autre chose afin de ne pas tourner en boucle. Elle est formelle : elle préfère parfois tout laisser de côté et revenir à l’ouvrage plus tard, plutôt que de se débattre et de s’épuiser, pour finalement ne pas y arriver. « Cet apprentissage du renoncement et de la procrastination n’est pas aisé quand on est comme moi hyperactive ». Par le passé, cette volonté de ne rien lâcher l’a conduite à de petites dépressions, aggravant même ses symptômes. C’est pourquoi elle s’est désormais fixée deux mots d’ordre : la vigilance et la bienveillance !

M-FR-00011283-1.0 – Établi en avril 2024

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