Au moment de ma chimio, ma fille m’a beaucoup soutenu

Au moment de ma chimio, ma fille m’a beaucoup soutenu

Valérie se souviendra longtemps du jour où elle a annoncé sa maladie à sa fille. Un moment chargé en émotion.

« Quand mon oncologue m’a confirmé que j’avais une grosse tumeur dans le sein, et que la seule solution pour en venir à bout, c’était la chimiothérapie, j’ai cru que j’allais défaillir », raconte Véronique. Mais cette annonce n’avait rien à voir avec celle qui allait suivre, celle qu’elle même allait devoir initier avec sa propre fille.

« J’avais une ado à la maison que j’élevais seule. Entre ses difficultés scolaires et ses chagrins amoureux, j’avais bien conscience que j’allais en rajouter une couche. Je me retrouvais presque à culpabiliser », raconte-t-elle quatre ans plus tard. Valérie réfléchit au meilleur moment pour échanger avec sa fille. L’occasion ne se présente que dix jours après le verdict. Qu’à cela ne tienne. Pour elle, il est essentiel d’envisager cette étape dans la sérénité. Rétrospectivement, elle se félicite d’avoir été contrainte d’attendre un tout petit peu. Le jour même ou le surlendemain, le choc est encore trop violent. « Attendre à minima une semaine permet de faire retomber la pression », estime-t-elle.

« J’ai vécu une véritable décharge d’adrénaline. D’abord un grand silence. Ses yeux équarquillés plongés dans les miens. Un flottement indescriptible. Puis ses larmes. Et enfin un gigantesque câlin comme elle ne m’en avait plus fait depuis longtemps », se souvient Valérie qui fond à son tour en larmes à ce moment là, confrontée à la fois à ce qui s’abat sur elle et à la détresse d’Anna. « Je suis là. Je serai toujours là », m’a-t-elle dit. Et la jeune fille a tenu parole. Vivant seule avec sa mère, elle joue le rôle d’aide soignante. « L’avoir à mes côtés a été un véritable soutien. J’ai le sentiment que cet épisode l’a propulsé dans l’âge adulte. Cela a aussi resserré notre lien », précise Valérie.

Anna prépare des petits plats à sa maman, lui apporte de l’eau, l’entoure de son amour, lui rédige des petits mots avant de partir en cours. Des mots qu’elle dépose dans le sac à main, à côté du pot à brosse à dents, sur l’oreiller… « Lors de mon séjour à l’hôpital, elle est venue me voir tous les jours », explique Valérie. Aux autres femmes qui vivent ce questionnement de l’annonce, elle recommande la sincérité. « Il faut choisir le bon moment, pas à la veille d’une évaluation par exemple. Mais aussi ne pas chercher à être plus forte ou plus fragile que ce que l’on est vraiment », suggère-t-elle. En un mot, il est important d’être vraie !

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