Don d’organes : comment ça marche ?

Don d’organes : comment ça marche ?

La 17ème édition de la Journée européenne du don d’organes avait lieu ce week-end. L’occasion d’insister sur le fait que le geste consistant à donner un organe ne concerne pas que les défunts… Tour d’horizon des questions les plus posées.

Quels organes sont concernés ?

Les reins sont les seuls organes vitaux susceptibles de faire l’objet d’un don, puisque l’être humain en possède deux alors qu’on peut très bien vivre avec un seul. D’après les chiffres de l’Agence française de biomédecine, 514 malades ont reçu un rein d’un proche en 2014, contre 136 seulement en 2003. Une progression encourageante. Depuis quelques années, des dons de partie de foie ou de lobes de poumons ont été expérimentés, mais restent marginaux.

Qui peut donner ?

Pour le rein, seules les personnes majeures peuvent être prélevées dans le cadre d’une procédure très encadrée, puisque le donneur doit obligatoirement avoir un lien étroit (familial ou affectif avec le receveur). Avant la loi bioéthique de 2011, seul un conjoint pouvait être prélevé, mais depuis, le champ des donneurs potentiels a été élargi. En revanche, les médecins doivent vérifier que le donneur n’a pas subi de pressions de la part de l’entourage du receveur et qu’il a bien compris les risques liés à son don.

Quelles sont les démarches à effectuer ?

Il y a quatre étapes indispensables dans le parcours du donneur :

  • un bilan médical approfondi a vocation à vérifier sa santé et minimiser les risques pendant et après l’opération, mais surtout à vérifier la compatibilité de l’organe avec le receveur. Ainsi, un frère ou une sœur n’a qu’une chance sur quatre de présenter un rein compatible avec un membre de sa fratrie.
  • le donneur passe ensuite devant un « comité donneur vivant », constitué de trois médecins, d’un psychologue et d’une personne qualifiée en sciences humaines et sociales.
  • puis le donneur exprime son consentement devant un magistrat, afin d’assurer la légalité du don.
  • si le « comité donneur vivant » rend une décision positive, les opérations chirurgicales sont programmées, sachant que le donneur peut à tout moment revenir sur son choix.

Et financièrement parlant ?

Le donneur bénéficie d’une prise en charge financière totale de la part de l’assurance maladie, tant pour le bilan pré-opératoire, que pour le suivi médical. Il n’a donc pas à payer de forfait journalier pour le séjour à l’hôpital, ni de ticket modérateur. De même, les transports liés au don sont pris en charge. Les salariés ont le droit à des indemnités journalières car ils sont contraints de s’arrêter. Il est possible de reprendre une activité professionnelle dans un délai compris entre 6 et 8 semaines après l’opération.

Quels sont les risques ?

Tout acte chirurgical comprend des risques, liés à l’anesthésie et à l’opération. Néanmoins, le bilan complet préalable effectué sur le donneur permet de les minimiser, d’autant qu’après l’intervention, le donneur reste entre 3 et 10 jours à l’hôpital. Selon une étude de 2011, 98% des donneurs affirment qu’ils recommenceraient si le don était à refaire.

Quels avantages pour le receveur ?

Un don d’un vivant représente d’énormes avantages pour le malade, à commencer par la rapidité avec laquelle la procédure peut être réalisée. Cela leur évite d’avoir à attendre un stade terminal, au cours duquel le rein ne fonctionne plus du tout, pour être opéré. Ainsi, le recours à la dialyse est limité et les greffes peuvent être programmées à l’avance et non pas dans l’urgence. De plus, les greffons sélectionnés sont choisis avec le plus haut degré de compatibilité et donc moins souvent rejetés. Des statistiques on permis de réaliser un bilan 10 ans après une greffe et ont révélé que 77% des greffons prélevés sur donneur vivant continuent de fonctionner, contre 63% pour un greffon prélevé sur un donneur décédé.

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