Faut-il se méfier des « faux sucres » ?

Faut-il se méfier des « faux sucres » ?

Remplacer les « vrais » sucres par des édulcorants de synthèse n’est pas forcément la panacée. Les édulcorants artificiels sont en effet soupçonnés de perturber la flore intestinale.

Aspartame, sucralose et saccharine sont des « faux » sucres utilisés dans de nombreux aliments ou boissons. Ils interfèrent avec le microbiote intestinal, augmentant ainsi le risque d’intolérance au glucose et de maladie métabolique. Ces sucres artificiels ont un fort pouvoir sucrant et n’apportent pas de calories. De quoi séduire, mais sur le papier seulement. Omniprésents dans les produits allégés, qu’il s’agisse d’aliments ou de boissons, ces édulcorants divisent les scientifiques. Certains estiment qu’aux doses recommandées, ils ne constituent pas de danger. D’autres pensent qu’ils n’ont rien à faire dans notre alimentation !

Un risque plus fort de diabète et un microbiote potentiellement altéré

Des recherches révèlent en effet que la consommation régulière d’édulcorants augmente le risque de résistance à l’insuline. De quoi favoriser le diabète de type 2. Une grande étude menée sur plus de 60 000 femmes a montré que la consommation de boissons sucrées « allégées » était associée à un risque de diabète multiplié par deux.

D’autres études ont mis en avant l’impact des édulcorants artificiels sur le microbiote. Des chercheurs israéliens ont ainsi mené une expérience sur des souris de laboratoire et sur des volontaires, pour prouver que ces faux sucres perturbent la composition de la flore intestinale, ainsi que la capacité à utiliser le glucose. Selon eux, ces faux sucres ont été introduits massivement dans notre alimentation avec l’idée de réduire les apports caloriques, mais ils pourraient contribuer à renforcer l’épidémie qu’ils étaient censés combattre.

Ainsi, trois édulcorants très répandus – aspartame, sucralose et saccharine – ont été ajoutés à de l’eau ingérée par les souris, aux doses journalières admissibles fixées par les autorités de santé américaines ajustées au poids des animaux. Elles ont développé une intolérance au glucose, à l’inverse de celles qui n’avaient ingéré que de l’eau ou de l’eau sucrée.

Chez l’homme, le même résultat peut être observé. Les chercheurs ont déterminé que les personnes qui consomment le plus d’édulcorants ont une glycémie à jeûn et une intolérance au glucose plus importantes, indépendamment de leur poids. Une expérience a aussi été menée sur sept volontaires qui n’avaient pas l’habitude de consommer des édulcorants. Après avoir reçu pendant une semaine les doses journalières admissibles, quatre d’entre elles ont présenté des taux élevés de glucose ainsi que des modifications de la flore intestinale.

Certaines bactéries pourraient interagir avec les composés chimiques des édulcorants, lesquels ne sont pas absorbés par l’intestin. Les réactions inflammatoires seraient à l’origine de troubles métaboliques tels que l’intolérance au glucose ou le diabète.
D’autres études ont mis en cause la consommation d’édulcorants artificiels, au sens où elle affecte négativement l’activité microbienne intestinale, qui peut causer un large éventail de problèmes de santé. A commencer par le diabète et l’obésité.

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