Vivre avec le diabète de son enfant

Diabète
Vivre avec le diabète de son enfant

Christine est mère de deux enfants : une fille de 24 ans et un garçon de 18 ans. Elle a vécu le diabète de son aînée avec son lot de frayeurs et de craintes.

Quand avez-vous découvert que votre enfant était diabétique ?

Ma fille avait 12 ans et elle faisait très souvent des malaises. Un jour, elle est même tombée sur les chaussures de son directeur d’école. A l’hôpital, les médecins ne faisaient pas le lien avec un éventuel diabète. Nous avons frappé aux portes de toutes sortes de spécialistes, jusqu’au jour où un bilan complet a permis d’établir qu’elle souffrait d’un diabète de type II, spécifique des personnes jeunes, un diabète dit « MODY » (Maturity Onset Diabete of the Young).

Comment avez-vous réagi à l’annonce de ce verdict ?

Nous avons eu un moment de panique, comme si le ciel nous tombait sur la tête. En allant surfer sur internet, nous avons en effet découvert toute une série d’effets secondaires et pensions que la situation allait être très compliquée à gérer. Le médecin nous a rassurés en nous expliquant que ce diabète n’était pas « insulinodépendant ». Il nous a aussitôt mis en garde sur le fait que le passage à l’adolescence d’abord puis à l’âge adulte ensuite pourrait être critique, car le diabète de ma fille pourrait alors devenir insulinodépendant. On nous a expliqué que c’était une maladie chronique, certes pas très grave, mais suffisamment sérieuse pour que ma fille soit suivie.

Est-ce que cela n’a pas été trop pénible de devoir adopter un nouveau régime alimentaire ?

Nous nous sommes vite ressaisis et avons fait suivre notre fille par un endocrinologue. Il a analysé nos habitudes alimentaires, lesquelles étaient plutôt bonnes. Elle avait l’habitude de manger plutôt salé que sucré, ce qui est une bonne chose. Les restrictions alimentaires qu’elle a dû s’imposer ne l’ont, de fait, pas beaucoup sortie de l’ordinaire. Avec le temps, nous avons compris qu’une bonne hygiène de vie lui permettrait de vivre normalement. Nous avons procédé à quelques ajustements, et par exemple, n’avons acheter des sodas que pour les jours où nous recevions des invités. Pour éviter les tentations, nous n’avions aucun stock de barres chocolatées ou de boissons trop sucrées à la maison. Certes, notre fils pestait un peu, mais nous avons préféré ne pas dire que c’est la santé de sa grande sœur qui justifiait ces choix. Nous lui disions que c’était pour manger sainement.

Avez-vous adapté votre vie professionnelle au diabète de votre fille ?

Les pompiers m’ont appelé des dizaines de fois la première année quand on ne savait pas encore qu’elle souffrait de diabète. Je ne réfléchissais pas, j’y allais. Bien sûr, quand on travaille en parallèle, cela n’a rien d’évident ! J’avais très peur de la laisser aller toute seule au collège et qu’elle tombe dans la rue. Je lui interdisais la piscine, les sports qui se pratiquent seuls. Quand elle faisait des championnats d’escalade j’étais terrorisée mais elle n’a jamais voulu arrêté ce sport. Depuis qu’elle a été diagnostiquée diabétique, les choses ont changé. Elle pratique des activités sportives plus sereinement. J’ai toujours prévenu ses professeurs de son diabète en leur expliquant ce qu’il fallait faire en cas de problèmes. Tout se passe bien pour elle. Elle en oublie même sa visite annuelle à l’hôpital.

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