Ma maladie

Elle sort de son cancer encore plus forte et déterminée

Depuis qu’elle s’est sortie de son cancer, Marie-Michèle accompagne d’autres femmes pour les aider à faire face à la maladie. Son énergie et sa détermination sont communicatives. Elle raconte son histoire et ses projets.

Dans quelles circonstances avez-vous découvert que vous souffriez d’un cancer ?
Je me suis réveillée un matin avec une énorme bosse au niveau du bas ventre. Il se trouve que j’avais déplacé la veille un objet très lourd. Sous l’effort, la tumeur s’est déplacée de derrière les intestins, où elle se dissimulait depuis fort longtemps. Heureusement qu’elle n’a pas “explosée” lors d’un voyage en Inde où je me trouvais quelques semaines auparavant à plus de 5000 mètres d’altitude. Sur les conseils d’un médecin, j’ai passé un examen radiologique en urgence, au cours duquel une tumeur a été détectée. J’ai immédiatement été prise en charge à l’Hôpital Curie, où j’ai été opérée après tout un parcours de soin. Deux chirurgiens se sont relayés pendant 8 heures pour enlever toutes traces de cellules cancéreuses visibles à l’œil nu. Il y en avait caché jusqu’au péritoine. Par la suite, j’ai enchaîné six chimiothérapies de 5 heures chacune. Puis trois plus courtes, espacée de trois semaines.

Avez-vous été soutenue par vos proches ?
Le père de mon fils a été immensément présent. Je lui dois la vie. Professeur de médecine, il a pris en charge toute la partie médicale. Il s’est beaucoup renseigné sur le cancer de l’ovaire et je me suis complètement reposée sur lui. Je n’avais pas envie de savoir où j’en étais en termes de stade de la maladie. Je ne voulais surtout pas avoir trop d’informations. Les statistiques en termes de survie étaient à l’époque moins bonnes qu’aujourd’hui. Le fait de prendre un peu de distance m’a ainsi permis de m’occuper de moi et de mon mental, ce qui est essentiel pour aller mieux. J’ai également été entourée par mon fils, ma famille et beaucoup d’ami(e)s. Mon fils n’avait que 11 ans au moment où mon cancer s’est déclaré, et m’avait fait promettre de ne pas lui mentir. Promesse que j’ai tenue.

Comment êtes-vous ressortie de cette épreuve ?
Alors même que j’étais en phase de traitements lourds, j’ai continué à mener mes projets en tant que chef d’entreprise et je participais à des réunions pour protéger des brevets. Je voulais rester dans l’action, dans la vie. Je suis sortie de cette « aventure humaine » encore plus forte et déterminée que jamais. J’ai ensuite voulu apporter mon soutien à de nombreuses femmes (et quelques hommes), victimes de cancer pour leur donner la force de se battre, d’y faire face de la meilleure manière possible. En plus de mon rôle de consultante et de coach, je travaille actuellement sur l’obtention de ma certification pour devenir centre de formation puisque j’enseigne depuis plusieurs années la stratégie d’entreprise, l’entrepreneuriat, le management de l’innovation ou encore le Design Thinking. Je ne cesse de m’étonner combien mon vécu de la maladie m’aide pour mieux communiquer avec les autres et à les aider à se dépasser et à oser.

Avez-vous le sentiment que votre côté « entrepreneur » vous a aidé, au sens où vous savez aller de l’avant ?
Il est certain que c’est une force ! Mon histoire, je la raconte dans un livre, à paraître mi 2022. J’y établit un parallèle entre cancer et entrepreneuriat. En effet, tant sur le sujet du stress, que de la prévention ou encore de l’audace, il y a de nombreux liens. J’ai participé à l’opération « Allo Alex », mise en œuvre par Roche où j’encourage l’embauche en priorité de gens qui ont eu un cancer. Car lorsque l’on a vécu le « parcours cancer » et que l’on s’en sort, on est alors beaucoup plus forts et on gère beaucoup mieux le temps et les priorités.

M-FR-00005995-1.0 – Etabli en Janvier 2022

Karine Diakite

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