Victime d’un AVC hémorragique à 28 ans, Margot raconte son expérience

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Victime d’un AVC hémorragique à 28 ans, Margot raconte son expérience

En 2014, 110 438 personnes ont été hospitalisées en France pour un AVC selon les données de l’Institut de veille sanitaire. Et ce ne sont pas seulement les plus âgées ! Margot n’avait que 28 ans quand elle a vécu cette expérience.

Ces accidents neurologiques peuvent être ischémique ou hémorragique. Les premiers sont la conséquence d’une obstruction d’une artère, tandis que dans le second cas, il s’agit d’un écoulement de sang dans le cerveau. Sept ans après avoir connu un AVC hémorragique, Margot, une jeune femme aujourd’hui âgée de 35 ans raconte sa (més)aventure. Par une froide nuit de décembre, elle s’apprêtait à monter dans l’avion qui doit la conduire à Barcelone, quand elle a ressenti quelque chose d’anormal. Elle parle même d’explosion :

Comme quelque chose de vraiment massif dans ma tête.

Elle prend conscience que ce qui lui arrive est grave et retourne sur ses pas, en état de choc.

Malaise, évanouissement et intervention

Je sentais bien que mon corps était en train de défaillir. À un moment, j’ai eu les jambes coupées et je suis tombée. J’ai appelé à l’aide mais il n’y avait personne,

explique-t-elle. Heureusement, un pilote qui s’apprêtait à prendre les commandes de son appareil l’aperçoit et alerte l’infirmerie de l’aéroport. Margot est encore consciente.

Le médecin de garde a probablement pensé que je faisais un malaise vagal, Une fois allongée, je me suis évanouie. J’ai appris plus tard que j’avais passé la nuit à l’aéroport. J’ai été prise en charge le lendemain matin,

ajoute la jeune femme. Les scanners sont formels : elle a été victime d’un AVC hémorragique dû à une rupture d’anévrisme au niveau de l’artère vertébrale droite. L’anévrisme est une déformation locale d’un vaisseau dont la paroi fragile peut rompre, notamment sous l’effet de l’hypertension. Malgré une prise en charge tardive, Margot a été rapidement opérée. Elle a subi une embolisation, autrement dit, une intervention chirurgicale très délicate, qui consiste à obstruer complètement un anévrisme dans une artère, ce qui arrête le saignement.

Les facteurs de risques

La rupture d’anévrisme concerne 0,5 à 6% de la population chaque année, en majorité des femmes âgées entre 50 et 60 ans. Cet événement imprévisible survient de façon brutale. Dans 20% des cas, les personnes meurent sur le coup. Quant à la mortalité à 30 jours, elle est estimée entre 40 et 45%. L’hypertension artérielle, et plus rarement, des malformations vasculaires sont à l’origine de ces AVC hémorragiques. Margot, elle, ne souffrait d’aucun de ces symptômes. Elle a donc été très surprise de ce qu’elle a traversé.

Elle ne fume pas et aucun membre de sa famille proche n’a jamais eu de problème de ce type. Or l’existence de deux anévrismes rompus dans une même famille est un facteur de risque. C’est seulement dans ce cas qu’un dépistage familial peut être envisagé. Désormais, Margot va bien et bénéficie d’un contrôle tous les cinq ans. Elle ne souffre d’aucune séquelle motrice, mais elle est continuellement fatiguée. Elle a aussi gardé des stigmates psychologiques. Elle confesse avoir fait une dépression. Une deuxième épreuve à traverser…

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