Don d’organes : cet acteur a donné son rein à sa soeur

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Don d’organes : cet acteur a donné son rein à sa soeur

« Cet acteur », c’est Richard Berry. En 2005, il fait cadeau à sa sœur Marie de l’un de ses reins. Il avait à l’époque 54 ans et elle 52. Souffrant d’une insuffisance rénale terminale, elle avait déjà bénéficié d’un rein de sa mère.

Richard Berry a sauvé la vie de sa sœur Marie

Ces opérations ont sauvé la vie de Marie. Régulièrement, elle témoigne pour encourager le don du rein. Elle est d’ailleurs l’auteur d’un livre intitulé « le don de soi » .

Atteinte d’une maladie génétique et orpheline, baptisée syndrome d’Alport, Marie était au bord de l’empoisonnement avec près de 3 grammes d’urée dans le sang car ses reins n’assuraient plus leur rôle de filtration. Le rein greffé sur Marie et dont sa mère lui avait fait don quand elle avait 18 ans était en rejet chronique. Une deuxième greffe était nécessaire. Richard était compatible, contrairement à son petit frère, Philippe.

L’intervention a eu lieu à l’hôpital Necker, à Paris. Mais pratiquer une greffe n’est pas une procédure légère. Sur un plan administratif, il faut d’abord obtenir un accord. Puis l’équipe médicale vérifie l’état de santé du donneur : rein, cœur, poumons, cerveau, yeux, dents… Comme le veut la procédure, Richard Berry a aussi dû rencontrer le comité « donneur vivant », afin qu’il témoigne n’avoir subi aucune pression et reçu une information correcte.

Don et greffe de rein : des opérations à risques

Le point culminant de ce parcours reste le face-à-face avec le juge, au tribunal. Ce dernier rappelle les risques encourus. Richard Berry a confessé être sorti « sonné » de cet entretien, mais heureux de pouvoir donner son rein à sa cadette. Il s’est ainsi débarrassé d’une certaine culpabilité du bien-portant, propre à ceux qui ont tous leurs moyens physiques, et auxquels tout réussit.

Pour le receveur, en revanche, la culpabilité est souvent grande. A fortiori quand on a bénéficié du don de deux de ses proches. De plus, Marie s’était parfaitement rendue compte que son frère appréhendait l’intervention. Plus l’échéance approchait, plus il avait peur. Dans les semaines qui précédèrent la greffe, ils n’ont pas eu d’échanges.

Un histoire qui finit bien

Aujourd’hui, elle lui est infiniment reconnaissante, d’autant qu’elle vit parfaitement bien grâce à la parfaite compatibilité tissulaire avec son frère. Et son traitement est beaucoup moins lourd que la première fois. De plus, la seconde fois, elle a été accompagnée par des psychologues. Un soutien d’autant plus pertinent qu’au même moment, elle apprenait qu’elle avait un cancer du sein. Marie Berry reconnaît avoir eu de la chance car elle n’a pas transmis la maladie à son fils Julien. Les risques étaient pourtant de 50 %. Quant à sa fille Sarah, pas de problématiques héréditaires, car elle est adoptée.

Quant à Richard Berry, mis à part une cicatrice de 10 cm, il n’a pas de séquelles. Sa seule contrariété est de ne plus se déplacer à moto car il doit protéger le rein qui lui reste, et donc limiter les risques d’accident. Il a voulu se mettre au vélo, mais sa femme s’y est opposée car en cas d’accident, le rein pouvait être touché. Régulièrement, il reçoit encore des messages de félicitations et de gratitude pour cette magnifique preuve d’amour !

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