Non classé

Les robots d’assistance pour personnes âgées, pour ou contre ?

Soutien émotionnel, coach sportif ou encore assistant médical. Les robots sont aujourd’hui capables d’accompagner les personnes âgées dans leur quotidien, chez elles ou en maisons de retraite. Mais qu’en pensent les principaux intéressés ? Les robots peuvent-ils leur être utiles ?

En banlieue parisienne, Danielle, 83 ans, vit avec son mari. Ils prennent encore la voiture pour faire leurs courses, cuisinent, vont au cinéma et voient même régulièrement des amis. Seule une aide ménagère vient les soulager pour le repassage une fois par semaine. Malgré tout, la retraitée pense déjà à la suite. Pour l’instant nous sommes deux et indépendants, mais si je me retrouvais toute seule, je pense qu’avoir l’aide d’un robot ne me déplairait pas », confie-t-elle timidement.

Les robots peuvent accompagner les personnes âgées sur différents besoins. Par exemple, le robot NAO développé par United Robotics Group peut les aider à faire des exercices physiques comme des étirements ou du yoga adapté. « L’avantage des robots c’est qu’ils peuvent faire des choses répétitives sans perdre patience », détaille Sunny Chen, directrice marketing au sein de l’entreprise. Leur autre robot, Pepper, peut aussi stimuler intellectuellement ses interlocuteurs grâce à un écran intégré. « Il va par exemple afficher un numéro et la personne doit le mémoriser puis le répéter. Il peut être connecté à internet et grâce au chatbot, il va discuter de l’actualité du moment », précise-t-elle.

Une technologie intimidante

Tout cela effraie un peu Jacqueline, 90 ans. La vieille dame est quasiment aveugle mais vit encore chez elle. Une femme de ménage s’occupe de l’intérieur et ses enfants viennent régulièrement lui rendre visite. Malgré tout, il lui arrive parfois de se sentir un peu seule et un robot pourrait la divertir. « Je suis vraiment sceptique. Je ne sais déjà pas me servir d’un téléphone portable, d’un ordinateur et d’internet alors là, un robot, ça me semble inimaginable. »

La hantise de Danielle est de se retrouver en maison de retraite. L’octogénaire voit donc dans les robots d’assistance, la possibilité de rester chez soi : Je préfère être aidée par un robot plutôt que de partir de chez moi. Par exemple, j’ai toujours très peur de tomber, d’être bloquée et de ne pas pouvoir appeler les secours. Si un robot peut détecter ma chute et prévenir les pompiers je serais rassurée. »

Un outil complémentaire du soignant

Les deux retraitées veulent absolument rester chez elles jusqu’à la fin de leur vie mais pas au même prix. « Je trouve cela un peu déshumanisant, souffle Jacqueline. Si j’ai besoin d’assistance, j’ai envie que ça soit fait par un humain. Quelqu’un avec qui je peux discuter de la météo et de mon jardin. » Ce n’est pas vraiment l’avis de Danielle. « On ne peut pas avoir une aide à domicile 24h/24 et 7j/7 chez soi donc il faut bien trouver d’autres solutions pour se sentir en sécurité et ne pas quitter son domicile. »

Il faut dire que face au virage ambulatoire et au manque d’effectifs, les robots peuvent permettre de renforcer le personnel hospitalier. Comment voit-on les choses du côté des maisons de retraite ? Nao et Pepper y ont été testés, et les personnes âgées ont bien accueilli la technologie. Même constat du côté des soignants. Au début, il y a forcément la crainte d’être remplacé mais ils comprennent rapidement que les robots viennent en complément de leur travail. On ne peut pas remplacer l’humain dans le soin », déclare Sally, infirmière dans un EHPAD. Le robot est il l’avenir de la médecine ?

M-FR-00010469-1.0 – Établi en janvier 2024

Isabelle Paupe

Articles récents

Au « Centre » d’un nouveau départ

Combiner rééducation fonctionnelle, soutien psychologique et accompagnement vers une réinsertion optimisée : c'est l'ambition que les…

6 jours ago

Connaissez vous le syndrome de Turner ?

Cette pathologie ne concerne que les filles. Il s’agit d’une maladie génétique rare caractérisée par…

2 semaines ago

Gynécologue, il souligne les spécificités de l’activité physique pour les femmes

Gynécologue à Nîmes, le Pr Marès rappelle que tous les sports sont accessibles aux femmes.…

3 semaines ago

En raison de sa maladie, Ivan ne dort que 3 h par nuit

À l’âge de 12 ans, Ivan découvre qu’il souffre d’un cancer de la glande pinéale.…

4 semaines ago

L’ostéoporose est-elle une fatalité ?

L'ostéoporose est une pathologie dont on parle assez peu. Elle est 2 à 3 fois plus fréquente…

1 mois ago

Les 5 types de mal de dos les plus fréquents

Le mal de dos est souvent considéré comme le mal du siècle. D’ailleurs, selon un…

1 mois ago