La vie avec un cancer du poumon : Lisa témoigne

La vie avec un cancer du poumon : Lisa témoigne

Cadre supérieur dans une entreprise privée, la vie de Lisa a basculé le jour où elle a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du poumon.

Le diagnostic de son cancer du poumon

Hiver 2016. Lisa souffre d’une toux persistante. Le généraliste pense à une allergie ou à des reflux mais dans la mesure où les épisodes infectieux ORL ne passent pas, il lui prescrit une radio. Surchargée de travail, la jeune femme repousse l’examen qu’elle fini néanmoins par passer quelques mois plus tard dans un cabinet privé. Et là, c’est l’annonce, violente, brutale et sans préambule : « il y a une tâche » lâche le radiologue.

Je m’attendais à tout sauf à cela, j’avais 45 ans, je n’avais jamais fumé» raconte Lisa. Au moment où on lui demande la taille de la tumeur, elle s’entend répondre : « ça on s’en fout, il faut passer un scanner rapidement ». Ce dernier est réalisé trois jours plus tard et le verdict tombe d’une manière toute aussi dure que la première fois. « Vous êtes fumeuse, demande le radiologue. Non ? Bon ça va, parce que le cancer chez les non fumeurs se traite mieux. »

Le radiologue lui montre l’image, et précise que sa tumeur mesure 6 cm. Et d’ajouter « il faudra voir un pneumologue rapidement. Au revoir Madame ». C’est donc ainsi, sans aucune espèce d’humanité, que Lisa apprend qu’elle souffre d’un cancer. Un moment d’autant plus affreux qu’elle est seule, sachant que son mari est en vacances à l’étranger. Son généraliste est également absent.

J’ai contacté des personnes que je connaissais afin de savoir quelle était le meilleur établissement pour être traitée. J’étais en totale panique.

Peu de temps après, elle se retrouve entre les mains de l’équipe de Tenon. D’emblée, le ton est différent. Tout se fait progressivement, par étape : faire les examens, savoir ce que c’est, de quel type de cancer il s’agit, s’il est opérable… Entre-temps, son mari est rentré, et c’est ensemble qu’ils vont à la consultation d’annonce. Lisa s’entretient avec le pneumologue et dans la foulée, avec un psychologue.

J’ai trouvé cela très pertinent, car dans la mesure où je suis maman d’un petit garçon de cinq ans, je ne savais pas bien comment gérer cette nouvelle.

Des possibilités de traitements pour Lisa

Lisa est désorientée. Elle a le sentiment que la bataille risque fort d’être perdue et qu’il lui reste trois ou quatre mois à vivre. Heureusement, l’équipe médicale est là pour la rassurer :

je les ai trouvé à la hauteur. Il y a un vrai soutien. Ils étaient très humains, si bien que je n’ai jamais eu l’impression d’être un numéro. Ils font tout pour que le patient soit considéré.

Elle fonde tous ses espoirs sur les nouveautés thérapeutiques dont lui parlent les médecins :

même si c’est une tumeur rare (ROS-1), ils nous expliquent que des traitements existent.

L’opération n’est pas envisageable dès le départ car la tumeur est mal placée, elle entraînerait trop de séquelles. L’immunothérapie n’est pas possible non plus car la tumeur n’y répondrait pas. Elle commence donc une thérapie ciblée par voie orale (une gélule matin et soir) pour faire diminuer la tumeur et voir ensuite ce qu’il y a lieu de faire. Ce traitement dure 7 mois environ. S’ensuit un protocole de chimiothérapie classique, toutes les 3 semaines, et une radiothérapie, tous les jours.

C’est vraiment une période difficile, car ces traitements sont très fatigants.

Un premier bilan révèle que des métastases cérébrales et hépatiques sont apparues :

cela a été un coup, je ne comprenais pas pourquoi le traitement classique n’avait pas fonctionné.

Lisa va donc reprendre un traitement sous thérapie ciblée.

A chaque fois, il faut se remettre en ordre de bataille, prendre le combat à bras le corps.

Soins de support et soutien de ses proches

Les soins de supports oncologiques sont importants. Sophrologie, activité sportive quand la forme physique le permet, yoga ainsi qu’une prise en charge psychologique, tout est bon pour se sentir mieux mais aussi pour garder une vie sociale lorsque l’on est en arrêt longue maladie.

Le soutien de la famille et des amis est également primordial même si vivre la maladie d’un proche est difficile pour eux. Et puis, il y a les groupes de paroles, lesquels favorisent des échanges plutôt rares pour les patients atteints d’un cancer du poumon.

On est une autre personne après la maladie, on veut faire autre chose de notre vie,

précise Lisa. Elle adorait son travail, mais a finalement rebâti sa vie avec des activités dont elle rêvait et pour lesquelles elle n’avait pas de temps jusqu’à présent (bénévolat, loisirs créatifs, activités avec son fils…).

Moralement je ne m’énerve plus pour des broutilles, je me recentre sur moi et mes désir. J’apprécie chaque instant intensément et je continue même de voyager.

Lisa est déterminée à poursuivre le combat et à le gagner. Une belle leçon de vie !

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