5 raisons pour lesquelles la réalité virtuelle est un dispositif thérapeutique prometteur

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5 raisons pour lesquelles la réalité virtuelle est un dispositif thérapeutique prometteur

Initialement, elle n’était pas du tout destinée à être utilisée à des fins thérapeutiques, mais depuis quelques années, le monde médical s’intéresse à cet univers interactif. En effet, plusieurs études ont mis en avant les bénéfices pour les patients, en complément bien sûr d’une poursuite des traitements.

 

1. Détecter, mesurer la progression et guérir

Elle présente des atouts pour identifier des troubles liés à la maladie. On peut détecter les signes avant-coureurs des pathologies neuro-dégénératives comme la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.
La réalité virtuelle permet ensuite d’évaluer l’avancement de la maladie et de rééduquer le patient. Ce dernier est confronté à des environnements virtuels interactifs qui lui sont familiers. Les résultats vont permettre de savoir quels sont les exercices les plus efficaces pour lutter contre les symptômes et la progression de la maladie. Enfin, l’alliance de la réalité virtuelle et de l’imagerie cérébrale offrent la possibilité de mesurer l’effet des thérapies comportementales sur le cerveau.

 

2. Réduire l’anxiété

Il s’agit d’aider le patient à apprivoiser progressivement des situations anxiogènes. En étant confronté à ses peurs, ses angoisses, le malade va peu à peu se désensibiliser. Il porte un casque qui lui donne une vision en 3 D d’une scène qui peut entrainer un trouble. Comme il ne risque rien durant la séance car il n’est pas exposé à des dangers réels, il est rassuré. Ainsi, en cas de phobies, l’anxiété est réduite. Les patients sont exposés à des stimuli en lien avec leurs phobies dans des environnements virtuels thérapeutiques dérivés des jeux informatiques ou des jeux vidéo.

 

3. Pertinent pour la maladie de Parkinson

En ce qui concerne cette pathologie, les malades qui chutent ou ayant des problèmes pour marcher s’exercent sur un tapis, dans la plupart des cas. Dans la situation de réalité virtuelle, un écran présentant par exemple une rue est placé devant le tapis et affiche les pieds du patient. Le malade a l’impression de se déplacer dans cette rue. L’exercice sécurise le malade d’une part et d’autre part, il stimule sa pensée et sa réflexion car il fait appel aux fonctions cognitives utilisées au quotidien. La réalité virtuelle rendrait active des zones plus importantes dans le cerveau et donnerait de meilleurs résultats que les exercices sur le terrain.

 

4. Efficace pour maîtriser les addictions et la dépression

Il existe d’autres domaines dans lesquels la réalité virtuelle est utilisée. On peut citer les addictions aux drogues et l’alcool. Là encore, le patient porte un casque et des stimuli olfactifs, vidéo et audio sont crées. L’objectif est d’apprendre aux malades à contrôler leurs envies et leurs impulsions, afin de ne pas céder à leurs tentations en quelque sorte.

A Marseille, à l’Hôpital de La Conception, le pôle psychiatrique dirigé par le Professeur Lançon mène plusieurs études sur l’utilisation de la réalité virtuelle notamment pour la dépression résistante, le stress post-traumatique des militaires , les phobies et les troubles mentaux.

 

5. Utile pour accompagnement les patients atteints d’un cancer

Plusieurs projets ont vu le jour ces dernières années. Parmi eux, Bliss est une expérience innovante en réalité virtuelle destinée aux personnes atteintes d’un cancer. Elle a pour objectif de créer un environnement en 3D dans « un monde doux, onirique et permettant de s’évader psychologiquement et spirituellement ».
Bliss propose un monde virtuel qui propose aux malades souffrant d’une lourde pathologie « de quitter pendant des sessions d’une heure leurs traitements ». C’est un moment d’évasion à la fois pour eux et pour leurs proches, qui se retrouvent dans cet environnement pour partager une expérience.

Pour les enfants, la réalité virtuelle est l’occasion de s’évader dans un autre monde et d’oublier l’atmosphère de l’hôpital. Un autre projet intéressant (d’ailleurs soutenu par la fondation Roche), baptisé “Fenêtre sur chambre”, a été déployé à l’hôpital des enfants Armand-Trousseau à Paris. Il est destiné aux jeunes patients séjournant au sein des chambres stériles. Alors qu’ils sont isolés dans leur chambre, et que leurs traitements durent parfois des semaines, ils peuvent explorer les nouveaux outils de création multimédias en réseau et quitter ainsi leur chambre d’hôpital grâce à un monde virtuel 3D accessible par connexion internet, depuis leur ordinateur (seul medium possible dans l’espace stérile de la chambre). Les enfants, sous la forme de leur avatar se déplacent, jouent et interagissent, dans le cadre d’une île vierge virtuelle. A noter, les premiers résultats des thérapies liées à la réalité virtuelle (à condition qu’elles soient associées aux thérapies traditionnelles) sont prometteurs.

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