ASCO 2019 : quelles nouveautés dans la lutte contre le cancer?

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ASCO 2019 : quelles nouveautés dans la lutte contre le cancer?

Comme chaque année, des milliers d’oncologues sont venus du monde entier pour participer au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO). Que faut-il retenir de cette 55ème édition ?

 

Tous les ans, début juin, des oncologues se réunissent à Chicago pour faire le point sur les avancées cliniques en matière de lutte contre le cancer. Cette année, 35.000 professionnels ont participé à ces cinq jours de conférences présentant les résultats d’essais cliniques menés dans plusieurs pays. Sachant que le cancer est à l’origine de près de 9 millions de décès dans le monde selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, tous les regards se tournent vers les innovations thérapeutiques susceptibles d’émerger chaque année, à l’occasion de ce congrès mondial.

 

L’immunothérapie continue de susciter des espoirs

 

Ces dernières années, il a été beaucoup question de l’immunothérapie, ce traitement qui consiste à réveiller le système immunitaire « endormi » par la tumeur, afin de mieux la combattre. Il a été montré récemment que ce type de traitement donne des résultats durables chez environ 25% des patients. Les médecins disposent à ce jour de plus de recul sur cette thérapie et c’est ainsi que l’ASCO 2019 était l’occasion d’en dresser un premier bilan. Alors qu’à ses débuts, l’immunothérapie était réservée à des patients en impasse thérapeutique, elle est désormais administrée dans certains cas à des personnes dont on vient de dresser le diagnostic. À noter, à l’occasion de cette édition, des résultats encourageants ont été présentés pour une immunothérapie ciblée testée pour la première fois dans le cadre d’un cancer gynécologique.

 

Des nanoparticules pour booster l’effet des radiothérapies

 

Les combinaisons de traitements se sont développées ces dernières années. Lors de l’édition 2018 de l’ASCO, des résultats encourageants avaient été présentés à propos de stratégies combinant immunothérapie et chimiothérapie. Cette année d’autres résultats d’essais cliniques ont été analysés : il s’agit, dans ces protocoles, d’étudier l’effet de l’association de traitements incluant la radiothérapie aux nanoparticules. Avant même l’administration des rayons ionisants, ces particules, invisibles à l’œil nu, sont injectées au niveau de la tumeur. Lors de l’exposition à la radiothérapie, elles permettent, de l’intérieur même de la tumeur, de démultiplier la puissance des rayons et d’augmenter ainsi la destruction tumorale. Elles ne sont pas toxiques car elles restent dans la tumeur, et disparaissent avec elle. Cette technique, expérimentée à l’Institut Curie, présente un fort potentiel puisque les résultats d’une étude présentés au congrès ont montré que, pour les trois quart des patients inclus dans l’essai clinique, le traitement par combinaison était très efficace. Plusieurs protocoles de recherche clinique sont actuellement en cours pour étudier l’efficacité de cette combinaison sur différents types de cancers.

 

Les CAR T-cells à l’honneur

 

Depuis deux ans, l’émergence des CAR T-cells suscite également beaucoup d’espoirs. Ces “Chimeric Antigenic Receptor” sont en quelque sorte des “médicaments sur mesure”, fabriqués à partir des propres cellules du patient. Un mélange de thérapie cellulaire et de thérapie génique! On prélève des cellules du système immunitaire du patient, dites “lymphocytes T”, puis on les modifie génétiquement pour leur apprendre à détruire les cellules tumorales sanguines. On lui réinjecte ensuite ces “cellules tueuses”. Si certains experts s’enthousiasment sur ce qui pourrait, à l’avenir, transformer la prise en charge de cancers comme les leucémies, les lymphomes et les myélomes, et parlent même de “découverte de l’année”, d’autres sont plus prudents. La Haute Autorité de Santé alerte sur le fait que si cette thérapie commence en effet à faire ses preuves notamment pour les cancers du sang, son efficacité sur la durée reste à confirmer. Autre bémol : le processus de fabrication de ces cellules transformées est complexe et prend à l’heure actuelle deux ou trois mois.

 

L’intelligence artificielle comme outil d’aide à la décision

 

Il est souvent difficile de savoir comment traiter les personnes atteintes d’un cancer quand elles ont plus de 75 ans. Une équipe française de l’hôpital Henri Mondor de Créteil a créé un outil à partir du vécu de 2000 patients déjà traités pour tous types de cancers. Etienne Audureau, épidémiologiste à l’origine de cette étude, précise qu’il s’agit d’analyser plusieurs facteurs qui définissent l’état clinique du patient. Quel est son âge? De quel cancer souffre-t-il? A-t-il eu des déficits nutritionnels ou cognitifs ? En réponse à ces facteurs et d’autres, un algorithme de machine learning prédit ensuite la probabilité de survie de ce patient. Le recours à l’intelligence artificielle permet de déterminer les chances de traitements pour ces personnes âgées, et les bénéfices attendus. En effet, certains traitements pour certains profils et certaines pathologies peuvent apporter un vrai bénéfice, là où d’autres, au contraire, vont plutôt dégrader la qualité de vie de la personne. Il s’agit donc d’un outil intéressant d’aide à la prise de cette décision. À noter que, selon l’Inca, les personnes de plus de 85 ans représentent 11,5 % de l’ensemble des cas de cancers diagnostiqués chaque année.
Ce qui est certain, c’est que les révolutions thérapeutiques se poursuivent et ne cessent de se perfectionner d’année en année pour tenter de venir à bout de ce fléau qu’est le cancer.

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