Quand le cancer brouille la communication dans le couple

Quand le cancer brouille la communication dans le couple

Pas facile de dialoguer dans un couple quand l’un des deux est atteint d’un cancer. Aux difficultés personnelles que l’on doit surmonter, s’ajoute l’incompréhension, voire le rejet de l’autre. Dur, dur…

Forcément, dans la mesure où j’étais affaiblie, et où les traitements avaient eu raison de ma libido, notre relation a changé. J’avais le sentiment qu’il ne comprenait rien. Qu’il exigeait de moi autant qu’avant,

raconte Noémie. Hyperactive et très dynamique avant son cancer, elle a eu le sentiment de ne plus correspondre à l’image que son compagnon avait d’elle. Elle s’est refermée au fur et à mesure, ce qui le braquait davantage. Et le cercle vicieux s’est mis en marche. Le pire à gérer fut le rejet dont elle s’est sentie victime après sa mastectomie.

Il ne comprenait pas qu’à défaut de relations charnelles, j’avais plus que jamais besoin de tendresse »,

témoigne-t-elle.

Comme elle, nombreuses sont les femmes qui n’arrivent pas à faire comprendre à leur moitié que ce n’est pas tout ou rien. Qu’elles sont peut être un peu transformées provisoirement, tant au niveau de leur énergie que physiquement, mais que leur amour pour l’autre demeure inchangé. Qu’elles ont besoin d’être comprises et épaulées. Que l’empathie, et non pas la pitié, est ce qu’elles attendent le plus.

Opter pour un accompagnement

Je trouve qu’il devrait y avoir plus d’accompagnement psychologique au moment de l’annonce de la maladie, explique Sarah. Non seulement, ces terribles nouvelles nous tombent sur le coin de la figure, non seulement il faut réfléchir à ce que cela va impliquer en termes d’organisation par rapport à son travail et ses enfants, non seulement il faut parfois arbitrer entre différents traitements auxquels on ne comprend rien, mais en plus il faut faire preuve de diplomatie et de pédagogie vis à vis de son conjoint ».

Un thérapeute de couple : voilà ce dont elle aurait eu besoin pour éviter que sa cellule familiale ne vole en éclats. « Ce serait bien qu’une tierce personne explique au mari, au fiancé, au petit ami… ce que signifie vraiment la maladie. Quelles sont ses répercussions. Et l’invite à faire preuve de patience », souligne-t-elle.

En effet, elle a eu le sentiment que venant d’elle, cela passait moins bien. D’autant qu’elle avoue s’être souvent un peu énervée, et n’avoir pas eu l’art et la manière de faire passer certains messages. « Je ne cherche pas à me dédouaner, mais c’est un tel choc, que l’on devient parfois un peu agressif. Si j’avais été aidée et accompagnée pour mieux communiquer avec lui, je n’en serai pas là aujourd’hui », regrette-t-elle.

Réagir avant qu’il ne soit trop tard

Quand les conflits et les incompréhensions mettent en péril la solidité de la relation, une consultation peut permettre de partir sur de nouvelles bases. Le conseil de
Sarah :

réagissez avant qu’il ne soit trop tard. Et dans la mesure de vos possibilités, faites le, même si ce n’est pas pris en charge ».

Amélie, elle, y a eu recours : « cela a permis de démonter les peurs de mon petit ami. J’ai réalisé que j’avais minimisé ce que cela pouvait représenter pour lui. De son côté, il n’avait pas non plus pris pleinement la mesure de que signifiait ma maladie. Et du fait que les choses ne pouvaient pas être tout à fait comme avant. Du moins pendant un temps ». Et de conclure : « finalement, nous avons besoin d’un médiateur ».

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