Le cancer, on ne l’oublie jamais totalement

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Le cancer, on ne l’oublie jamais totalement

E-patiente connue et reconnue, Catherine Cerisey s’est engagée dans la défense des droits des patients. Et rend un hommage tout particulier aux femmes.

En 2009, elle a crée son blog, intitulé « Après mon cancer du sein ». Elle témoigne de sa vie après la maladie, qui l’a touché à l’âge de 37 ans. Pour le moment, elle a choisi de mettre ce blog en « stand by », car elle n’avait plus le temps de s’y consacrer, mais espère bien s’y remettre prochainement, car, très vite, ses articles ont remporté un chaleureux accueil et un franc succès. Plus d’1,2 millions de pages ont été vues depuis la création de cet espace, qui a joué un rôle infiniment thérapeutique pour Catherine. « J’ai réalisé que j’avais le goût de l’écriture, ce que je ne soupçonnais pas. J’avais surtout envie d’aider les femmes. De leur donner de l’information pertinente pour les aider à lutter contre la maladie », explique-t-elle, avant de confier, qu’elle aussi, aurait aimé, dans les moments les plus difficiles, pouvoir puiser dans les conseils d’une femme ayant du recul sur sa maladie.

« Ces accidents de vie vous prennent de plein fouet. Ce sont des périodes extrêmement compliquées car les impacts se font ressentir à tous les niveaux : sur le plan financier, professionnel, amical, familial… », souligne-t-elle. De plus, ce n’est jamais totalement fini, car il y a toujours l’angoisse de la rechute. Catherine, elle, a rechuté, comme des milliers d’autre femmes. Elle décrit une « épée de Damoclès », flottant en permanence au dessus de sa tête.

Fortes des différentes sollicitations dont elle a fait l’objet, Catherine Cerisey, qui avait par le passé travaillé dans le milieu de l’art, a opéré un virage professionnel à 360° pour co-fonder une agence de conseil en santé. Elle travaille aujourd’hui avec tous les acteurs du système de santé. Parfois, on lui demande comment elle fait pour oublier ce qu’elle a traversé, dans la mesure où le cancer fait partie de son environnement professionnel. A cela, Catherine oppose que, de toute façon, on n’oublie jamais. « Les contrôles sont toujours là pour nous rappeler à l’évidence, et à chaque mammographie, on ne peut s’empêcher d’avoir peur. Toutefois, connaître la maladie est une façon pour moi de la tenir à distance. Et puis, le temps aide beaucoup », raconte-t-elle.

Catherine se félicite du développement du web qui permet de multiples interactions entre patients, institutions, et professionnels de santé, lesquelles n’existaient pas auparavant. Elle entretient régulièrement des liens avec ses lectrices. Et cela lui apporte énormément : « je trouve cela merveilleux d’aider les gens. J’ai ainsi le sentiment de rendre un peu ce que l’on m’a donné ». De leur côté, les femmes qui la contactent sont pour la plupart désireuses de se rapprocher d’une personne qui les comprend, car ayant vécu les mêmes épreuves. « Les proches ne savent pas toujours quoi de dire. Malgré eux, ils peuvent commettre des maladresses. De toute évidence, la situation est compliquée pour eux aussi », analyse Catherine. Elle recommande d’être doux avec soi même et avec les autres : « il y a déjà beaucoup de violence dans l’annonce et dans les traitements, essayons de ne pas en mettre aussi dans nos relations ».

La première question que lui posent souvent les femmes, c’est pourquoi moi ? « Pour ma part, j’ai répondu à cette question en renversant le paradigme. Et pourquoi pas moi ? C’est comme une bombe qui tombe sur un immeuble. Pourquoi sur celui là plutôt que sur un autre », précise-t-elle. Sauf que si une bombe tue, ce n’est pas systématiquement le cas d’un cancer. On peut s’en sortir. Avec des séquelles, certes, mais la vie reprend son cours.

Et si elle avait un message à faire passer aux femmes ? « La féminité ne se réduit pas à un sein. On reste femme, mère, amie… On reste ce que l’on est intrinsèquement ». Et un vœu ? « Que ce serial killer soit éradiqué ».

A l’occasion de la journée de la femme, nous avions envie de saluer le parcours, les démarches, l’altruisme et l’engagement de cette femme forte et courageuse. Merci Catherine !

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