Et si l’optimisme était le meilleur des médicaments ?

Et si l’optimisme était le meilleur des médicaments ?

Depuis la publication de son livre, « Eloge de l’optimisme », Philippe Gabilliet, spécialiste de la motivation et des stratégies mentales de la réussite, ne cesse de donner des conférences sur la façon dont ce trait de caractère peut influencer notre énergie vitale, notre goût de vivre, notre relation aux autres, mais aussi notre santé et notre longévité.

Comment l’optimisme peut-il nous aider à faire face à la maladie ?

Tout d’abord, il faut se méfier de la rhétorique selon laquelle il faut nécessairement
« positiver ». Certaines problématiques ne peuvent pas être positivées. Inciter les gens à le faire est presque indécent. En revanche, être optimiste n’est en aucun cas être positif ; c’est plutôt être quelqu’un qui « optimise », qui tente de créer de nouvelles ressources avec ce qui lui arrive. L’un des problèmes avec l’optimisme, c’est qu’on le confond trop souvent avec sa caricature.

Selon vous, c’est quoi « être optimiste » face à un problème de
santé ?

C’est avant tout une posture qui consiste à penser : « ça m’arrive, j’aurais préféré qu’il ne m’arrive rien, mais puisque la maladie est là, je vais voir ce que je vais bien pouvoir en faire ». Certains vont en profiter pour remettre en question certaines priorités de
vie ; d’autres vont choisir de s’investir dans des associations de prévention ou de patients.

Jouer l’optimisme, c’est être dans la réalité ; et cela n’a rien à voir la naïveté candide avec laquelle on le confond parfois.

En savoir « trop » sur la maladie, est-ce compatible avec
l’optimisme ?

Pas forcément. Certains médecins me disent que leurs patients veulent tout savoir sur les statistiques de rémission, de survie… Non seulement, cela n’est pas forcément utile, mais cela peut être dangereux car ces chiffres parlent d’autres personnes que vous. Mieux vaut capitaliser sur ses forces et s’inspirer des « exceptions remarquables » incarnées par ceux qui ont guéri plus vite et plus durablement que les autres.

Avez-vous des recettes magiques pour devenir optimiste ?

Encore faut-il qu’il y ait une demande, car si la personne perd espoir, la situation se complique. Les patients ont souvent besoin d’être aidés pour trouver une interprétation, fut-elle imaginaire.

Est-ce que la maladie peut rendre « plus fort » ?

Ce qui rend plus fort, c’est d’avoir une interprétation de cette épreuve. De comprendre ce qui vient de nous, et ce qui vient de l’extérieur. Il y a toujours un temps d’appropriation, pour comprendre ce qui aurait pu être différent et ce que cette chose nous souffle comme décision de changement. En effet, il y a des choses sur lesquelles on a une marge de manœuvre (son alimentation, son hygiène de vie…), et d’autres pas.

Ce qui est certain, c’est que la maladie modifie notre grille de lecture du monde et nous permet de prendre conscience de ce qui est vital autant que de ce qui est secondaire.

Avez-vous en tête des personnes qui ont vraiment « transcendé » la maladie ?

Oui. Je suis très impressionné par l’exemple de Guibert Del Marmol. Après avoir découvert qu’il souffrait d’une tumeur crânienne, il a réussi à repartir sur des bases extrêmement saines, alors même que les médecins lui prédisaient un avenir sombre. Il est l’auteur d’un livre au titre évocateur : « Tomber plus haut ». De même, Philippe Croizon est un personnage étonnant. Amputé des quatre membres suite à un grave accident électrique, il a traversé la Manche puis relié les 5 continents à la nage. Et il s’apprête à faire le prochain Paris Dakar ! Des gens bien moins handicapés que lui viennent le voir pour lui dire qu’il leur a sauvé la vie.

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