Sandra : sa victoire contre le cancer du rectum

Cancers
Sandra : sa victoire contre le cancer du rectum

Lorsqu’elle se rend chez son proctologue pour un banal contrôle d’hémorroïdes un beau jour de juillet 2010, Sandra est loin d’imaginer que sa vie va basculer …

La jeune femme n’avait pas d’antécédents familiaux, pas de symptômes particuliers qui auraient pu l’alerter. Elle souffrait juste depuis des années d’hémorroïdes accompagnées parfois de saignements. Profitant de ses vacances, elle décide de faire un check-up :

je suis allée voir mon proctologue et c’est là qu’il m’a dit qu’il préférait faire une coloscopie».

Deux jours plus tard, le spécialiste effectue l’examen et lui annonce qu’elle a certainement un cancer et qu’il est très avancé.

Je m’entendais très bien avec mon proctologue, donc il s’est permis de me le dire franchement».

Passée l’annonce du diagnostic et avant même d’avoir les résultats complets de l’analyse de son cancer, aiguillée par son proctologue, Sandra prend tout de suite rendez-vous avec un oncologue

bien à l’écoute, une personne très humaine».

Le Pr Borg au CHU de Besançon, lui explique tout et lui propose d’aller voir le chirurgien,

je suis une personne très positive, j’avais besoin de tout savoir. J’ai énormément embêté mes médecins mais j’avais besoin de savoir comment cela allait fonctionner».

Traitement lourd et long contre le cancer du côlon

Les résultats des examens viendront très vite et révèleront un cancer en stade 4, avec des ganglions atteints. S’en suit un traitement très lourd combinant de la chimiothérapie et de la radiothérapie. L’opération a lieu en février 2011. Une poche est posée à la fin de l’intestin grêle de Sandra, mais elle ignore si ce dispositif est provisoire ou non.

J’ai tout de suite appris à me servir de ma poche, à faire mes soins moi-même. Je l’avais appelée Illy»,

explique la jeune femme. Elle gardera la poche un an et demi au lieu de six mois à cause de divers problèmes dont une thrombose veineuse qui survient lors d’une de ses hospitalisations. Vient enfin l’opération au cours de laquelle on lui retire la poche pour la remise en continuité de son intestin.

L’épreuve de la maladie et la lutte contre le cancer 

Durant ses années de combat contre la maladie, Sandra n’a jamais baissé les bras et a continué son travail d’animatrice dans une maison des jeunes et de la culture à Pontarlier où elle enseigne notamment le théâtre et l’italien.

Je n’ai jamais arrêté de travailler. J’ai eu la chance d’avoir un employeur qui acceptait mes hauts et mes bas. Je pense que le travail m’a beaucoup aidée à surmonter cette épreuve»,

raconte-t-elle. La jeune femme rappelle d’ailleurs que

le moral, c’est 50% de la guérison qu’on le veuille ou non».

Elle a vécu sa maladie comme

une expérience qui vous apprend à vivre autrement, à apprécier les choses différemment et à relativiser».

La vie de Sandra après la maladie

Sandra est en rémission complète depuis septembre 2016.

Vivre comme avant, ce n’est pas possible mais on peut vivre autrement et vivre plutôt bien. Il y a des choses que je ne pourrai plus jamais faire et je ne peux pas manger ce que je veux »,

dit-elle. A l’issue de la maladie, certains font ou refont du sport après l’avis du médecin, d’autres se lancent dans une activité artistique.

Il faut réussir à faire quelque chose pour sortir tout ce que l’on a à l’intérieur»,

souligne Sandra. Son conseil aux autres patients ?

Ne rien lâcher, s’accrocher. Il faut trouver les bonnes personnes avant et même après la maladie, car « l’après » est une période un peu déstabilisante pour le patient».

En effet, le soutien des professionnels et des proches est indispensable pour une bonne reconstruction tant professionnelle que sociale. Il est normal de ressentir de l’angoisse à certains moments et pour celles et ceux qui souhaitent en parler, les psychologues, les associations de patients et les groupes de parole sont là.

Depuis quatre ans, elle s’investit dans le dépistage colorectal. C’est durant sa maladie qu’elle découvre sur internet l’Association France Côlon. L’année dernière à l’occasion de Mars bleu, le côlon géant gonflable a fait une étape dans sa ville, à Pontarlier. Un bon moyen de parler de ce cancer qui reste tabou.

J’ai décidé que je me battrai pour que tout le monde puisse se faire dépister»

clame-t-elle. L’optimisme qui émane de Sandra prouve bien qu’après un long combat contre le cancer, la vie reprend ses droits.

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