Cancer et travail : des avancées encourageantes

Cancer et travail : des avancées encourageantes

Reprendre une activité professionnelle et faire valoir leurs droits après la maladie n’est pas toujours aisé, à fortiori quand l’environnement est hostile.

Même si les mentalités évoluent, force est de reconnaître que beaucoup d’entreprises manquent d’empathie vis à vis des salariés fragilisés. Aucune adaptation, aucun ajustement, des déplacements toujours aussi nombreux : autant dire, un rythme incompatible avec une période de rémission. Parfois, on leur fait d’ailleurs bien comprendre dans quelle direction est la sortie.

Pour pallier à ces difficultés, certaines femmes ont trouvé la force de transcender la maladie pour s’inventer de nouveaux métiers, parfois en lien avec celui qu’elles occupaient auparavant. Elles ont mis à profit les enseignements acquis pendant leurs vies professionnelles antérieures pour proposer à d’autres femmes ce qu’elles auraient sans doute aimé trouver quand elles étaient malades.

Anne-Sophie Tudsynski était consultante avant de tomber malade. Elle a conservé son cœur de métier, pour monter Cancer@Work, une structure de conseil dédiée aux entreprises, à leurs salariés, et à tous les acteurs du monde professionnel concernés par le sujet du cancer et du travail.

Céline Dupré, elle, était journaliste. Elle a aussi choisi de mettre à profit son expérience professionnelle pour continuer dans la même voix, mais sur un autre sujet. Elle a ainsi co-fondé Rose Magazine, destiné aux femmes atteintes d’un cancer, et distribué gratuitement dans les hôpitaux et les centres de lutte contre le cancer.

Réalisatrice, Isabelle Sebagh a elle aussi eu envie de mettre son savoir-faire au service d’une cause, celle de la sensibilisation. Dans son film, La Lionne ou l’ Autruche, elle encourage à une plus grande prévention du cancer du sein.

Cécile Pasquinelli Vu-Hong, elle, a monté Garance, une marque de lingerie et de maillots de bain pour que les femmes retrouvent le plaisir d’enfiler leur soutien gorge chaque matin ou d’aller à la plage. Elle est partie du constat qu’il n’existait pas de maillots de bain tendance pour les femmes ayant subi une ablation du sein. Le déclic s’est produit en plein été au bord d’une piscine. Elle était entourée de femmes en bonne santé, aux corps bronzés, tandis qu’elle se débattait avec ses foulards et ses accessoires pour cacher ses cicatrices. Ne trouvant aucun maillot de bain avec prothèse susceptible de lui plaire, elle a eu l’audace de créer sa propre marque. Son expérience pendant 17 ans au sein des départements stratégie et marketing d’une banque lui ont permis de lancer une étude de marché et d’identifier les meilleurs fabricants.

Nous avons cité quatre parcours, mais elles sont nombreuses à avoir suivi ce chemin. Toutes ces femmes ont donné du sens à leur maladie, se sont inventé des missions, ont voulu apporté un service, et faire bénéficier les autres de ce qui leur avait tant manqué. Sur la base de leurs acquis professionnels, elles ont recréée de toutes pièces un environnement professionnel. « A aucun moment, nous n’avons été encouragées. Nous avons du compter sur notre seule énergie et notre seule volonté », souligne Anne-Sophie Tudsynski. En cette journée de la femme, il nous paraissait légitime de leur faire part de notre admiration et de lancer un appel pour imaginer des modes de financement destinés à encourager ce type d’initiatives !

Sur ce même sujet, retrouvez sur Voix des Patients l’interview de Dominique Thiry Borg.

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