Cancérologue, il recommande à ses patients de « changer d’air »

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Cancérologue, il recommande à ses patients de « changer d’air »

Directeur des Affaires Médicales à l’hôpital américain Mario Di Palma est un oncologue renommé. Il explique que ce n’est pas parce qu’on est en traitement pour un cancer qu’on n’a pas le droit de partir en vacances.

Quels conseils donnez-vous à vos patients concernés par un cancer et qui souhaitent partir en vacances ?

Il faut déjà qu’ils en aient envie. A partir du moment où un patient souhaite partir, tout dépend de sa situation : son état de santé, les traitements qu’il reçoit…

Par exemple, sous chimiothérapie, il est possible d’organiser une ou deux injections ailleurs que dans le centre où le patient est habituellement traité.

S’il reste en France, il est souvent possible de trouver un hôpital ou une clinique qui accepte de prendre le relais. Lorsque la personne prend des médicaments avec des effets secondaires, on peut dans certains cas lui suggérer de rester en France ou de partir dans un endroit suffisamment structuré pour qu’elle puisse accéder à des soins en cas de problème.

Les patients ne doivent pas hésiter en parler à leur médecin pour lui demander son avis.

Quelles précautions les patients doivent-ils prendre avant ou pendant le voyage ?

Cela dépend de la maladie et des traitements en cours. Par exemple, il faut éviter de s’exposer au soleil si on prend un médicament photosensibilisant, car dans ce cas une exposition trop importante peut provoquer des coups de soleil intenses voire des brûlures de la peau. Par ailleurs, il faut également penser à apporter une quantité suffisante de médicaments surtout si c’est un départ à l’étranger car un renouvellement de traitement peut s’avérer très compliqué.

Si le voyage implique un passage de frontières, il faut emporter ses ordonnances et un courrier justificatif de son médecin.

Si un patient souhaite vraiment partir loin et qu’il est en mesure d’effectuer ce voyage, il peut être prudent de penser à une assurance rapatriement. Enfin, si le patient est en arrêt maladie, il doit prendre contact avec sa caisse d’Assurance Maladie.

Est-ce qu’il y a des moyens de transports déconseillés ?

Pas vraiment, mais là encore cela dépend du patient. Concernant les déplacements en voiture, il m’est arrivé d’avoir des patients très fatigués qui auraient voulu conduire eux-mêmes sur une distance longue. Toutefois, évidemment, il vaut mieux prendre le train ou laisser le volant à quelqu’un d’autre. Si un long voyage en avion est envisagé, certaines précautions peuvent être nécessaires pour certains patients, par exemple porter des bas de contention du fait du risque de phlébite.

Est-ce qu’il y a des destinations ou un type de vacances à éviter ?

Les voyages à l’étranger pour un patient sous chimiothérapie sont assez compliqués à organiser car il faut pouvoir organiser les séances et donc s’y prendre à l’avance. Ce n’est pas totalement impossible mais cela reste délicat. Il faut tout de même éviter les endroits où il y a peu ou pas de ressource médicale pour être pris en charge rapidement si besoin.

Avant que nos patients partent, on leur donne toujours le numéro de téléphone du service qu’ils peuvent contacter.

Est-il possible de reporter une séance de chimiothérapie pour partir en vacances ?

Effectivement, dans certaines situations, on peut décaler une injection de chimiothérapie. Cela dépend du stade du cancer et de l’avancée du traitement. Il faut garder en tête que le mot “vacances” ne signifie pas nécessairement partir loin et longtemps. L’essentiel est de pouvoir faire une pause. C’est pour cela qu’il faut en parler avec son médecin.

Est-ce que certaines activités sont déconseillées ?

La discussion se fait au cas par cas. A priori, il n’y a pas d’activités défendues, mais il faut bien se renseigner en fonction de sa maladie et de son traitement.

Pour une personne ayant des problèmes osseux, on déconseillera des activités trop sportives avec des risques de chutes.

Encore une fois, il ne faut pas hésiter à en parler. Parfois, les patients se limitent eux-mêmes car ils ne pensent pas être en capacité.

Est-ce que vous incitez vos patients à partir ?

Oui, ça m’arrive de le proposer car je pense que c’est important de « changer d’air ». Il faut également avoir en tête que les vacances peuvent être bénéfiques aussi pour le ou la partenaire.

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