Immuno-oncologie : la solution thérapeutique à tous les cancers ?

Cancers
Immuno-oncologie : la solution thérapeutique à tous les cancers ?

S’appuyant principalement sur l’activation du système immunitaire, l’immuno-oncologie apparaît comme une solution thérapeutique de premier plan pour traiter le cancer. Mais, pour l’heure, son efficacité est variable selon le type de cancers… Les explications du Dr Olivier Mir (cf photo).

En fonction de leur sensibilité au traitement immuno-oncologique, il est possible de répartir les cancers en trois grandes catégories.

Une première catégorie réunit les cancers présentant des tumeurs enflammées : mélanomes, cancers du poumon, du rein, de la vessie etc. Face à ces cancers souvent très immunogènes, l’immuno-oncologie a déjà montré son efficacité ! En effet, ces cancers vont entraîner une infiltration des lymphocytes T, véritables bras-armés du système immunitaire, capables de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses et de les détruire.

On parle d’immunogénicité pour ces cancers car ils présentent la spécificité d’activer le système immunitaire. C’est pourquoi les médecins vont logiquement s’appuyer sur les défenses du système immunitaire pour traiter ce type de cancers,

explique le Dr Olivier Mir, oncologue médical au sein de l’hôpital Gustave Roussy à Villejuif.

Entre exclusion immunitaire et désert immunitaire…

Pour un deuxième type de cancers, on observe bel et bien une activation du système immunitaire. Cependant, les lymphocytes T sont incapables de pénétrer dans la tumeur et donc de la détruire.

On parle de cancers d’exclusion immunitaire car les lymphocytes T vont s’accumuler à l’extérieur de la tumeur sans jamais y pénétrer,

précise le Dr Olivier Mir. Il s’agit particulièrement des cancers colorectaux et pancréatiques.

Enfin, pour un troisième type de cancers, il n’y a aucune activation du système immunitaire et des lymphocytes T. Les scientifiques parlent de déserts immunitaires pour caractériser ces cancers qui développent des mécanismes d’échappement au système immunitaire. Dans ce cas précis, les lymphocytes T sont absents du site tumoral. En l’état, l’immuno-oncologie n’apparaît donc pas comme une solution thérapeutique très pertinente. Le cancer de la prostate fait partie de ces cancers qui n’entraînent aucune activation du système immunitaire.

Au regard de cette classification, on comprend mieux pourquoi l’immuno-oncologie ne peut pas apporter la même efficacité pour tous les types de cancers. Pour autant, le défi relevé par les chercheurs est de poursuivre le développement de l’immuno-oncologie afin qu’un plus grand nombre de patients puissent bénéficier de cette solution thérapeutique. Il importe donc désormais aux chercheurs de mieux comprendre les mécanismes d’échappement développés par les cancers de type 2 et 3 pour développer des protocoles immuno-oncologiques spécifiques et efficaces.

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