Une sur Huit, un livre pour se reconstruire

Cancers
Une sur Huit, un livre pour se reconstruire

Christine Ducout a 53 ans et vit en Nouvelle-Calédonie depuis une vingtaine d’années. Il y a quatre ans, elle découvre subitement qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Quelques mois après la fin de ses traitements, elle décide de poursuivre son processus de guérison en témoignant. A travers son livre, Une sur huit, sorti en février 2018 aux Editions Jets d’Encre, elle transmet un message d’espoir. Nous l’avons rencontrée pour parler de son parcours.

Comment avez-vous été diagnostiquée ?

Je parlais avec mon mari, accoudée à un bar, et par hasard j’ai touché le creux de mon aisselle et j’y ai découvert une petite boule. C’était comme une sorte de petit ganglion. Sur le coup, je me suis dit que c’était bizarre car je ne l’avais jamais remarqué avant et que je n’avais pas cela de l’autre côté. Durant les jours qui ont suivi, j’ai continué à tâter cette boule puis j’ai finalement décidé d’aller consulter un gynécologue. Suite à ce rendez-vous, j’ai fait une mammographie et une échographie. Ces examens ont révélé que la boule était anormale et finalement, la biopsie a montré qu’elle était cancéreuse.

Quelle a été votre réaction à l’annonce de votre maladie ?

Cela a été un choc terrible. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser. J’étais anéantie.  Dès le début, j’avais pensé à l’éventualité d’un cancer mais au fond de moi, je n’y croyais pas. Quand je l’ai appris, j’ai tout de suite pensé que le laboratoire avait fait une erreur et que ce n’était pas mes résultats d’analyses. Heureusement, j’ai  bénéficié de beaucoup de soutiens, aussi bien au niveau familial que médical. Mon mari, mes enfants et mes amis ont été présents tout au long de cette épreuve. J’ai eu la chance de rencontrer un personnel soignant très à l’écoute et rassurant. Je n’ai jamais eu à me soucier de quoi que ce soit concernant le protocole. Par exemple, tous les rendez-vous médicaux étaient pris pour moi.

Comment se sont passé les mois de traitements ?

Tout s’est déroulé très vite. Huit jours après avoir effectué les derniers examens, j’ai été opérée. La chimiothérapie a commencé un mois après la tumorectomie. Pour ce traitement j’ai pu rester en Nouvelle-Calédonie. En revanche, en ce qui concerne la radiothérapie, j’ai dû me rendre à Sydney en Australie car les équipements nécessaires n’existaient pas encore sur Nouméa. J’y suis restée deux mois au cours desquels ma fille et des amies sont venues  me rendre visite, ce qui m’a permis, de me « recharger » , de m’imprégner de leur amour, de me « rebooster ».

Je lui ai fait part de mon désir d’aider les personnes également atteintes de cancer mais je ne savais pas comment ? Un jour, elle m’a parlé de l’écriture et cela a été un déclic. Deux jours après, j’ai commencé à écrire mon livre.

Comment l’idée de ce livre vous est-elle venue ?

Elle ne m’est pas tout de suite apparue car sur le moment je n’avais pas du tout envie d’en parler. Lorsque j’ai repris le travail, je ne me sentais vraiment pas bien dans ma peau que ça soit physiquement ou mentalement. J’ai donc décidé d’y remédier avec différentes méthodes. Je suis tout d’abord allée faire une séance de psycho bio acupressure [technique qui permet de toucher des points de compression pour stimuler certains circuits du corps] qui m’a fait beaucoup de bien. Puis, je suis allée voir une thérapeute énergéticienne qui faisait de la PMT [Pyramidal Memories Transmutation] qui m’a permis de prendre conscience de beaucoup de choses.  Je lui ai fait part de mon désir d’aider les personnes également atteintes de cancer mais je ne savais pas comment ? Un jour, elle m’a parlé de l’écriture et cela a été un déclic. Deux jours après, j’ai commencé à écrire mon livre.

Qu’est-ce que ce livre représente pour vous ?

Ecrire m’a fait beaucoup de bien dans le sens où, tout au long des séances de thérapie auprès de mon énergéticienne, j’ai pris conscience que ce n’était pas par hasard que ce cancer était arrivé. Le fait de pouvoir poser mes pensées m’a permis d’exprimer des choses que j’avais enfouies au plus profond de moi-même depuis bien trop longtemps. D’ailleurs, la première partie de mon livre est presque sortie d’un seul jet et cela a été un grand soulagement.

J’envisage également l’avenir de manière différente. C’est-à-dire que je vis le moment présent pleinement ou tout du moins j’essaie.  Je relativise beaucoup plus et je ne m’impose plus des choses à faire par « bienséance ».

Qu’est-ce que le cancer a modifié dans votre vie ?

Ma façon de vivre a beaucoup changé. J’ai par exemple transformé mes habitudes alimentaires en essayant, par exemple, de réduire ma consommation de viande et de laitages. Je fais du yoga deux fois par semaine et je ne raterai pour rien au monde ces séances. J’envisage également l’avenir de manière différente. C’est-à-dire que je vis le moment présent pleinement ou tout du moins j’essaie.  Je relativise beaucoup plus et je ne m’impose plus des choses à faire par « bienséance ». Ca plait ou ça ne plait pas, c’est mon choix. Je ne me soucie plus du regard des autres.

Quels conseils pourriez-vous donner à d’autres femmes atteintes d’un cancer du sein ?

Je pense qu’il faut toujours être dans le positif. Essayez de ne pas voir le côté noir des choses. Il y a toujours pire que soi ! Il ne faut jamais baisser les bras. C’est également important de continuer à prendre soin de soi lorsqu’on perd ses cheveux,  ses sourcils, et ses cils. L’estime de soi contribue à la guérison. Si j’avais un conseil plus général à donner aux femmes, ce serait de se faire dépister et suivre régulièrement. Une mammographie ce n’est certes pas très agréable, mais l’examen ne dure pas longtemps au regard des traitements lourds que l’on doit subir lorsque le dépistage est fait tardivement. Il faut également ne pas hésiter à se palper les seins soi-même.

Est-ce que vous pourriez me citer le passage de votre livre que vous préférez ?

Le jour du départ était enfin arrivé ! Chaque fois qu’un pensionnaire s’en allait, nous faisions une petite fête la veille de son départ. Nous avions une pensionnaire, artiste dans l’âme, qui jouait de la guitare et chantait à merveille. Ces soirs-là elle prenait sa guitare et nous chantions. Nous restions toutes ensembles dans la salle à manger plus longtemps que les autres soirs. On chantait, on s’amusait et on rigolait bien. Ce soir-là, j’ai pris congé de toutes ces personnes, remplie de joie et de tristesse à la fois.

Une sur Huit, Christine Ducout

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