Obésité : une progression inquiétante

Obésité : une progression inquiétante

On estime que l’obésité concerne 1.4 milliard de personnes de plus de 20 ans dans le monde. A l’occasion de la journée mondiale de l’obésité, le 23 mai, Voix des Patients fait le point sur ce véritable enjeu de santé publique.

L’enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité réalisée en 2012, avec l’Inserm et Kantar Health, révélait que 32,3% des Français de plus de 18 ans sont en surpoids et 15% d’entre eux présentent une obésité, autrement dit un IMC supérieur à 30kg/m2. Cette enquête, baptisée Obepi, nous apprend que ces quinze dernières années, le poids moyen de la population française a augmenté en moyenne de 3,6kg alors que la taille moyenne a augmenté de 0,7 cm. Quant au tour de taille de la population, il a augmenté aussi, passant de 85,2 cm en 1997 à 90,5 cm en 2012, soit +5,3 cm au total en 15 ans. Le nombre de personnes  obèses en 2012 était estimé à environ 6 922 000, soit 356 000 personnes supplémentaires par rapport aux chiffres de1997. Depuis 2003, la prévalence de l’obésité est plus élevée chez les  femmes que chez les hommes (15,7% versus 14,3%).

Face à ces données stupéfiantes, les responsables de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ont,  à plusieurs reprises, tiré la sonnette d’alarme. Encore récemment, lors d’un congrès européen sur l’obésité à Prague, l’OMS a alerté sur les perspectives de progression en Europe d’ici 2030, n’hésitant par à parler d’une « crise immense ». L’OMS, chiffres à l’appui, n’hésite d’ailleurs pas à évoquer une « épidémie ». Après s’être penchée sur la balance des habitants de 53 pays, elle livre des conclusions inquiétantes pour la plupart des Européens, lesquels sont menacés d’obésité d’ici 2030. Si l’Irlande est particulièrement pointée du doigt, les Pays-Bas sont davantage épargnés. La prudence est de mise concernant la progression de l’obésité, et qu’il convient de bien en analyser les causes, néanmoins les spécialistes n’hésitent pas à pointer du doigt les addictions au sucre.

Force est aussi de constater que l’obésité est souvent le fruit d’inégalités sociales, sachant que les comportements alimentaires sont le fruit d’une éducation, et que les bons réflexes sont répandus de manière inégale. Par ailleurs, manger sain a un coût, si bien que la « malbouffe » est souvent l’apanage des personnes les plus défavorisées socialement.

Il est urgent d’inverser les tendances, car l’obésité est un facteur important de risques pour les maladies cardio-vasculaires, certains cancers, et le diabète. On parle d’ailleurs de plus en plus de diabésité, pour décrire les complications de l’obésité.

Plusieurs acteurs, publics et privés, prennent le sujet en main. L’Observatoire de la sédentarité, par exemple, insiste sur la nécessité de changer ses réflexes ! Quant à Christophe Cano, coach sportif, il vient de créer l’association française de lutte contre le surpoids, sachant que l’obésité infantile progresse à un rythme inquiétant.

Par ailleurs, les méthodes évoluent et au delà des traditionnelles techniques chirurgicales que représentent les anneaux ou bypass, les professionnels semblent évoluer vers une approche beaucoup plus globale, comme l’explique le Dr Jocelyne Raison, médecin spécialiste de la nutrition et des problématiques d’obésité. En effet, face à l’échec des régimes classiques, largement décrits par Sandra Aamodt lors d’une conférence Ted Santé, bon nombre de spécialistes révisent leurs convictions. Suite à l’enquête Obépi cité plus haut, une Commission pour la prévention et la prise en charge de l’obésité a été créée.

Tous les acteurs de la santé, on le voit, ont conscience des enjeux et prennent le problème en main ! Il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup à faire…

 

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